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Macro-économie / Taux / RTE / Investissements / France / électrique

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Moderniser le réseau électrique français ne sera pas une mince affaire / RTE estime qu’il faudra investir 100 milliards d’euros d’ici à 2040

Concilier modernisation et exigences de la transition énergétique est un l’un des défis majeurs qui attend RTE. Le gestionnaire du réseau électrique hexagonal lance une consultation publique sur la question, avant de se lancer à corps perdu dans ce défi titanesque. Ses équipes soulignent qu’il ne faut pas différer ces travaux au risque de desservir la réindustrialisation du pays.
Infrastructures électriques hexagonales. JEFF PACHOUD / AFP
Infrastructures électriques hexagonales. JEFF PACHOUD / AFP

" Ne faisons pas comme certains de nos voisins qui se sont réveillés bien tardivement…". C’est avec un véritable avertissement que Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, a commenté l’annonce de la consultation publique lancée par ses équipes. Il n’est pas fait de mystère dans les documents rendus publics. Il y est argué que "le réinvestissement dans les réseaux électriques devra s’appuyer sur un véritable plan industriel pour renforcer la capacité de l’industrie européenne en général, et française en particulier, à produire les matériels nécessaires avec une optique de passage à l’échelle".

Ces propos font état d’une double nécessité ; d’une part celle d’avoir un réseau électrique capable de supporter les besoins induits par la réindustrialisation hexagonale et européenne et d’autre part l’importance de lancer rapidement les travaux pour suivre le rythme de cette dernière. Une urgence puisque l’ensemble du continent se lance dans des projets similaires et une congestion des flux est déjà en train de se produire. Une course à l’armement qui s’illustre par des "délais entre la date de commande et la date de livraison des matériels [qui] ont été multipliés par trois entre 2021 et 2023 pour certains matériels, comme les câbles aériens ou les transformateurs de puissance".

 

Trancher

 

C’est dans cet état d’esprit d’urgence que cette consultation publique est lancée jusqu’à la fin du mois d’avril. Il est espéré qu’elle puisse aider RTE à " identifier les priorités territoriales et les dynamiques industrielles liées à l’évolution du réseau". Il s’agit en effet d’éviter de se retrouver dans une situation telle que celle de l’Allemagne dont les coûts de gestion du système électrique se sont établis "à 4 milliards d’euros en 2022 (couverts par le tarif d’utilisation des réseaux) du fait des retards dans la mise en œuvre de son plan de restructuration du réseau".

Le président du directoire de RTE ne s’arrête cependant pas à la seule logique financière et voit "ce plan d’investissement massif pour renouveler, développer le réseau électrique d’ici à 2040 et l’adapter au changement climatique" comme "le strict nécessaire pour qu’il ne soit pas bloquant, mais plutôt l’outil essentiel de la transition énergétique ". Le schéma décennal de développement du réseau 2024 accordera donc une place prépondérante à ces problématiques de raccordement des nouveaux moyens de productions au réseau national.

 

Priorité

 

En ce qui concerne le passé récent, le gestionnaire du réseau hexagonal se félicite que sa stratégie de raccordement, en date de 2019, ait été respectée. Pour autant un "fait nouveau [qui] réside dans la relance annoncée par l’État d’un programme nucléaire" l’oblige à ne pas se reposer sur ses lauriers. Il est uniquement indiqué que "le réseau n’a pas été bloquant pour permettre une première accélération dans le développement des énergies renouvelables". Qui en appelle donc d’autres et tout particulièrement à compter de la décennie 2030 avec les réacteurs EPR 2 envisagés à Gravelines et Penly.

Une problématique bien plus ancienne préoccupe également les équipes de RTE ; un âge moyen du réseau élevé avec " plus de 20 % des lignes aériennes [qui] ont 70 ans ". Renouvellement et besoins nouveaux ne sont pas pour autant opposés, la consultation est espérée comme pouvant permettre aux infrastructures de réseaux d’être "conçues de manière mutualisée dans une logique d’aménagement du territoire". Des économies de moyens précieux au vu des choix politiques forts faits par l’Hexagone, ce dernier a l’ambition de voir la part "de l’électricité dans la consommation d’énergie (hexagonale ndlr) […] passer de 27 % à plus de 50 % en 2050".

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