Macro-économie / Taux / marché unique / Union européenne / productivité
Macro-économie / Taux
marché unique / Union européenne / productivité
La productivité européenne peut remercier le marché unique / Les économies de l’UE ont également largement convergé depuis son instauration
"Plus d’investissement, plus de marché unique et moins de réglementation". Le président français Emmanuel Macron plaidait en ce début d’année pour renforcer le marché unique européen et ce n’est pas la récente publication de plusieurs membres de la Direction générale du Trésor qui risque de le dissuader d’aller en ce sens. Les auteurs listent les uns après les autres les nombreux bénéfices pour l’économie européenne qu’a induits le marché unique.
Le commerce de biens en aurait été l’un des principaux gagnants ; avec selon les études une hausse de celui-ci comprise entre 50 % et plus de 100 %. Le Produit intérieur brut (PIB) réel des membres du marché unique aurait également été largement stimulé par ce dernier ; les gains sur la période "par rapport à un contrefactuel où l’intégration européenne serait remplacée par un accord commercial régional classique ou par la clause de la nation la plus favorisée de l’OMC, sont en moyenne de 6,6 % et 8,2 %, respectivement". Les gains associés seraient très largement plus importants pour les petites économies de l’Union européenne (UE) par rapport aux grandes économies en faisant partie.
Tout intérêt
Les auteurs soulignent que les avantages à faire partie d’un tel marché avaient été identifiés avant même la décennie 1990, notamment avec une "hausse de l’intensité concurrentielle [qui] devait accélérer la réallocation des facteurs de production vers les entreprises les plus productives, et renforcer les incitations à l’innovation, favorisant finalement une hausse de la productivité". Les effets pervers pouvant "créer des gagnants et des perdants au sein de l’UE " semblent avoir été évités. On redoutait effectivement que "la concentration des activités à plus forte productivité (surtout industrielles) vers certains pays, et de celles à plus faible valeur ajoutée dans d’autres". La publication lève cette crainte et note "que les structures d’exportations de biens des pays de l’UE sont devenues de plus en plus similaires entre 1984 et 2019". La Banque mondiale a ainsi qualifié l’UE telle la plus grande "machine à convergence" de la planète.
La mise en place des fonds structurels et d’investissement européens (FSIE), composés du Fonds de cohésion, du Fonds européen de développement régional (FEDER) et du Fonds social européen plus (FSE +), ont permis de travailler à la productivité, la compétitivité et le développement économique des économies les plus vulnérables. Rien que sur l’horizon de temps allant de 2021 à 2027, ce sont plus de 330 milliards d’euros qui ont été affectés par l’UE à sa politique de cohésion et 200,4 milliards d’euros de ce total qui a été attribué au FEDER.
Ce tour d’horizon chronologique souligne également à quel point certains États auraient eu tout intérêt à rejoindre le marché unique. Il est ainsi fait état d’un contrefactuel montrant "que la croissance de la productivité de la Norvège aurait été substantiellement plus importante si elle avait rejoint l’UE lors de la phase d’élargissement de 1995". Le choix du Royaume-Uni de procéder au Brexit est également passé au crible et les différentes estimations jugent qu’il lui en a coûté entre 2 et 10 % de pertes de PIB.
Renforcer encore et encore
Malgré les résultats probants du marché unique, Gita Gopinath, directrice générale adjointe du Fonds monétaire international, appelle les gouvernants des États membres à ne pas s’en satisfaire. Elle argue certes que les "pays peuvent donc se spécialiser dans l’innovation ou la fabrication en fonction de leur avantage comparatif dans le cadre des ’conditions de concurrence équitables’ et des faibles frictions garanties par le marché unique", cependant, dans ce discours prononcé à la fin de l’année passée, elle ajoute que "des réformes beaucoup plus audacieuses seront nécessaires pour concrétiser les avantages du marché unique".
Les auteurs de la note ne sont pas en désaccord avec ce point de vue et chiffrent le coût d’une disparition de cette zone économique unique ; il est avancé qu’une "désintégration complète de l’UE entraînerait des pertes de production de l’ordre de – 5,3 % pour les anciens membres de l’UE (pré-élargissement de 2004) et de – 9,1 % pour les membres plus récents de l’UE (post-élargissement 2004), et la majorité de ces pertes seraient dues à la disparition du marché unique ".
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