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Macro-économie / Taux / productivité / Covid

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coronavirus Cette baisse de la productivité française qui reste inexpliquée / Un mal qui persiste depuis la pandémie

CORONAVIRUS. Le Covid est désormais loin derrière nous, pourtant ses effets demeurent conséquents pour la société française qui a été bouleversée par son avènement. La productivité du travail ne s’est quant à elle jamais remise de cet épisode, elle est actuellement 8,5 % inférieure à sa tendance pré-Covid. Un récent bulletin de la Banque de France argue que seule la moitié de cette perte est aujourd’hui expliquée.  
Chaîne de production française. Denis Charlet / AFP
Chaîne de production française. Denis Charlet / AFP

L’économie française est décidément insaisissable. Alors que Bercy est bien en peine d’expliquer une hausse du déficit conséquente, une étude de la Banque de France n’arrive pas à expliquer l’intégralité du décrochage de la productivité française.

La publication reconnaît qu’il existe une "part résiduelle inexpliquée de notre analyse, qui représente environ 3,6 points des pertes de productivité". Des explications sont proposées tout comme certaines pistes n’ont pas "été retenues, soit parce qu’elles recoupaient en partie des facteurs déjà identifiés, soit parce qu’elles n’ont pu être mises en évidence quantitativement ".

 

A minima

 

Les membres de la direction de la conjoncture et des prévisions macroéconomiques de la Banque de France et leurs collègues de la direction des enquêtes de conjoncture et des analyses microéconomiques et structurelles n’attribuent à la seule crise Covid qu'un impact de 0,4 point de pourcentage (pp). Ils considèrent que des facteurs transitoires dont " principalement des rétentions de main‐d’œuvre dans certains secteurs, expliqueraient 1,8 pp du décrochage".

Ils s’attardent également sur la bonne dynamique du marché de l’emploi et à un " effet de composition de la main‐d’œuvre (augmentation proportionnellement plus forte de l’emploi moins qualifié) ", responsable pour 1,2 pp du décrochage hexagonal. Les effets de l’apprentissage, là aussi de l’ordre de 1,2 pp, seraient également délétères pour la productivité hexagonale. Pour autant ces facteurs qualifiés de "durables" ne sont pas pour autant qu’une mauvaise nouvelle pour les auteurs, ces derniers jugeant qu’ils " traduisent davantage une orientation des politiques publiques en faveur de l’emploi – avec une très bonne résilience de celui-ci – plutôt qu’une diminution du potentiel de création de richesse de la France ".

 

À la marge

 

Un certain nombre d’idées reçues sont également combattues dans l'étude, il est ainsi avancé que le travail détaché et la régularisation du travail non déclaré n’ont qu’un rôle limité dans les pertes de productivité en France. L’effet est qualifié de "modeste " et ne serait responsable que de 0,1 pp sur un total de 8,5.

De la même façon l’activité partielle et les arrêts maladie jouent bien sur la productivité par tête, cependant l’exploitation des données de la direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares) permet d’affirmer que les conséquences sont désormais "très faible" pour l’activité partielle avec un pouvoir explicatif de l’ordre de 0,1 pp du décrochage de la productivité. Concernant le pouvoir explicatif des arrêts maladies il serait encore plus faible."Mesuré par les dépenses d’indemnités journalières publiées par la Caisse nationale d’assurance maladie déflatées de l’inflation salariale au niveau du Smic", l’impact de ce facteur est considéré comme "proche de zéro".

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