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Rexecode / Financement / transition écologique / France
Le déficit de financement de la transition écologique tricolore encore omniprésent / Rexecode prône des mesures redirigeant les flux d’épargne
" Sans un ‘changement radical l’Europe n’aura pas les moyens de faire face aux grandes transitions en cours, notamment à la transition écologique ". Rexecode ne mâche pas ses mots pour alerter sur l’urgence à agir sur le Vieux continent. Plusieurs solutions sont proposées allant de la consolidation de la croissance potentielle, à rendre l’action publique moins coûteuse et plus efficace, à faire de la décarbonation un levier de compétitivité ou encore la mise en place d’une planification indicative globale et collective.
Un dernier levier est évoqué : celui d’un fléchage de l’épargne "vers l’investissement [et ce] en créant des fonds à capital garanti". Le document de travail présenté cette semaine juge que "les moyens de financer les investissements nécessaires des prochaines années existent potentiellement dans l’épargne des ménages [français ndlr]". Les auteurs louchent sur une somme de près de 6 000 milliards, réparties de façon égale entre une partie jugée "nécessaire à l’activité " et une autre réalisée pour un "motif de précaution".
Marteler
Le montant de l’effort supplémentaire à réaliser en termes d’investissement est bien inférieur aux sommes évoquées auparavant. Pourtant, l’aversion au risque des épargnants rend difficile une réallocation rapide de ces flux. Les équipes de Rexecode en conviennent et dressent les contours d’une assurance contre le risque de perte, cette dernière étant pensée tel " un puissant stimulant de l’orientation de l’épargne vers l’investissement productif ". L’ébauche qui en est faite est celle de "la création de fonds d’investissement à capital garanti destinés à l’épargne moyenne ".
L’objectif est que chaque épargnant soit assuré de récupérer son capital. Pour ce faire, il est imaginé qu’une partie du rendement des fonds soit allouée à la rémunération de la garantie. A la condition toutefois que la performance de long terme soit supérieure tant au livret A qu’aux contrats d’assurance-vie en euros pour inciter les épargnants à se tourner vers ces solutions d’épargne.
Convaincre
Une autre question fondamentale est également soulevée, celle de la bonne liquidité de tels fonds. Pour éliminer la crainte d’une longue immobilisation du capital, il est proposé de s’en remettre à ce qui a fait le "succès des fonds en euros dans les contrats d’assurance-vie [qui] tient aussi à la possibilité du rachat à tout moment". Cette option nécessiterait néanmoins de renoncer à une possible plus-value. Michel Didier, conseiller spécial pour Rexecode, et ses coauteurs jugent d’une part que "seule une caisse de mutualisation des risques, adossée à une garantie publique, peut assurer cette liquidité" et que "la clé [d’une telle proposition ndlr] est la double garantie de capital et de liquidité."
Pour autant, le chemin est encore long avant que cette idée ne soit adoptée, notamment de la part des autorités publiques. Rexecode trouve davantage d’alliés du côté des banques françaises. Celles-ci "militent pour une solution ayant recours à la titrisation et pour laquelle elles proposent la Banque européenne d’investissement comme garant", font valoir les auteurs. Un message positif qui ne doit pas faire oublier que plus on tarde à attirer ces flux d’épargne, plus il faudra allouer des sommes importantes à ces fins. Les sixièmes rencontres de Rexecode, sur la thématique "Climat, croissance, néo-industrialisation", avaient notamment vu Jean-Jacques Barbéris, directeur général délégué d’Amundi AM, s’inquiéter de la difficulté à soutenir l’investissement dans la transition énergétique via l’épargne européenne.
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