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Macro-économie / Taux / Etats-Unis / taux d'intérêt / croissance / Inflation

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États-Unis : la croissance et l’inflation déçoivent fortement le consensus / Les marchés réévaluent leurs perspectives sur la baisse des taux

Au premier trimestre, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a ralenti nettement plus qu’attendu, à 1,6 % en rythme annualisé, soit 0,9 point de moins que ce qu’anticipaient les conjoncturistes. Les marchés ont davantage retenu que l’inflation avait de son côté surpris à la hausse, ce qui pèse à la baisse sur la probabilité qu’il y ait au moins une diminution du taux directeur d’ici la fin 2024.
Joe Biden, président des Etats-Unis - Jim WATSON / AFP
Joe Biden, président des Etats-Unis - Jim WATSON / AFP

L’hiver se sera révélé moins flatteur qu’escompté pour l’économie américaine. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) des États-Unis s’est affichée à 1,6 % en rythme annualisé au premier trimestre, après 3,4 % au quatrième trimestre 2023, quand le consensus anticipait 2,5 %.

Doit-on y voir là les premiers signes de l’atterrissage marqué que beaucoup craignaient l’an passé, du fait du resserrement monétaire significatif conduit par la Banque centrale américaine ? Pour mémoire, son taux directeur évolue 525 points de base au-dessus de son niveau de mars 2022. Le détail des chiffres publiés à 14h30 par le département du Commerce des États-Unis tend à dédramatiser l’ampleur du ralentissement. En effet, la seule évolution des exportations nettes a grevé la croissance de 0,86 point de pourcentage.

En plus de ne pas constituer un indicateur avancé de la santé d’une économie, elle confirme plutôt l’idée que la demande intérieure de l’Oncle Sam en a sous le coude : les importations ont augmenté de plus de 7 % en rythme annualisé. Idée qui se voit confirmée en jetant en œil à l’état de forme de la consommation des ménages ainsi que de l’investissement. Ils ont respectivement crû de 2,5 % et 3,2 % entre janvier et mars (contre 3,3 % et 0,7 % au trimestre précédent).

Une variable scrutée par les conjoncturistes, en raison de ses propriétés prédictives, nommée "ventes finales aux acheteurs domestiques privés" (somme des dépenses de consommation personnelle et de l’investissement fixe privé) s’est établie en croissance de 6,1 % au premier trimestre, contre 5,3 % lors des trois derniers mois de 2023. "N’oublions pas que le PIB est rétrospectif et que d’autres données concrètes sur l’économie ont été solides, avec peu de licenciements, une croissance tendancielle solide de l’emploi et une reprise de la production industrielle ", explique Ryan Sweet, chef économiste chez Oxford Economics, qui perçoit la croissance de l’économie américaine comme robuste.

Cet après-midi, c’est en fait les mauvais chiffres sur l’inflation qui ont tout particulièrement retenu l’attention des observateurs. En glissement trimestriel annualisé, l’indice des prix sous-jacent des dépenses de consommation personnelle (hors énergie et alimentation) a progressé de 3,7 % sur la période allant de janvier et mars, contre un consensus à 3,4 %. "Cela pourrait effrayer un peu la Réserve fédérale américaine (Fed)", estime Ryan Sweet. Les marchés paraissent l’être en tout cas. Le S & P 500 a abandonné plus de 1 % tout comme le Nasdaq, il faut dire que les taux d’intérêt sur les obligations américaines souveraines à deux ans, proxy des anticipations de politique monétaire, ont grimpé de près de 10 points de base depuis la parution de ces chiffres.

Les probabilités de baisses de taux cette année ont également été révisées. Hier, les marchés à terme jugeaient qu’il y avait une probabilité de 46,3 % d’observer au maximum une baisse du taux directeur de la Fed d’ici la fin de l’année. Elle vient de passer à 57,1 %. Dans leurs dernières projections de mars, les membres du Comité de politique monétaire de la Fed disaient s’attendre à trois baisses de 25 points de base chacune du taux directeur.

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