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demande intérieure; consommation; ménages

Macro-économie / Taux / croissance / France / Allemagne / PIB

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La demande intérieure permet à la croissance française de retrouver des couleurs / Les perspectives hexagonales n’en sont pas significativement améliorées pour autant

La bonne surprise d’une croissance du Produit intérieur brut (PIB) français au premier trimestre 2024, de l’ordre de 0,2 %, là où l’Insee tablait sur une stagnation, doit beaucoup à la demande intérieure qui n’est plus atone. Pour autant, pas de forte hausse attendue d’ici la fin de l’année pour le PIB hexagonal.    
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"À tous ceux qui veulent faire croire que notre économie est à l’arrêt : les faits sont têtus. La croissance française progresse. C’est un nouveau signe qui traduit la solidité de notre économie". Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, célèbre comme une victoire la légère éclaircie sur le front de la croissance française.

Un constat en partie partagé par Charlotte de Montpellier, Senior Economist chez ING, pour qui il est indéniable que "l’économie française a donc démarré l’année d’une façon plus dynamique que prévu". Combiné à la révision à la hausse de la croissance au troisième trimestre 2023, cela lui permet d’affirmer " que l’acquis de croissance à l’issue du premier trimestre soit plus important qu’anticipé, pour s’établir à 0,5 %". Une situation d’ensemble qui le conduit à penser " que la prévision de croissance du gouvernement de 1 % pour l’année sera plus facilement atteignable que prévu, même si cette prévision reste ambitieuse". Le chiffre envisagé par les équipes d’ING, pour la croissance du Produit intérieur brut (PIB) français en 2024, est de 0,8 %.

 

Interne

 

Le principal signal contenu par ces derniers chiffres de croissance se situe dans la reprise de la demande intérieure. Chez ING on rapporte que "les différentes composantes de la demande intérieure contribuent ainsi pour 0.4 point à la croissance du PIB contre une contribution nulle au trimestre précédent". Le chef économique d’Asterès, Sylvain Bersinger, parle quant à lui d’une "rupture de tendance après deux années de consommation atone du fait du choc inflationniste qui a pénalisé le pouvoir d’achat ". Alors que l’inflation vient d’être mesurée à 2,2 % en avril pour la France, il juge que la "dynamique baissière des prix de production (sortie d’usine) rend plutôt optimiste quant à la trajectoire d’inflation pour les mois à venir". L’économiste souligne également que " l’investissement, à +0,3 %, est également une bonne nouvelle dans un contexte de taux élevés le mois dernier". L’Insee tablait effectivement sur une baisse de 0,2 % de cet indicateur.

Pour autant tout n’est pas rose pour l’Hexagone, l’indicateur du climat des affaires s’est dégradé ce mois-ci tant dans le bâtiment, que pour l’industrie ou les services. Charlotte de Montpellier évoque ainsi ce matin que la confiance des consommateurs est "10 points en dessous de sa moyenne", un pessimisme qui devrait avoir comme conséquence que nos compatriotes "soient plus nombreux à vouloir épargner " dans un futur proche et ce au détriment de la consommation. Chez Asterès on envisage que "la volonté (timide) de consolidation budgétaire affichée par le gouvernement pourrait notamment peser sur l’activité, là où d’autres pays, notamment les Etats-Unis, continuent à maintenir une stimulation budgétaire forte de leur économie".

 

Voisinage

 

Pas d’optimisme débordant non plus concernant la performance française en termes de croissance cette année comparée aux autres pays développés, la place de la France est envisagée "en queue de peloton", à l’instar des prévisions du Fonds monétaires international (FMI) qui table sur une 31ème place sur 41 pays observés. L’Hexagone pourrait cependant se consoler selon Sylvain Bersinger "en affichant un taux de croissance supérieur à l’Allemagne et au Royaume-Uni". Pour l’heure la croissance Outre-Rhin est similaire à celle de la France au titre du premier trimestre. Pour rappel, à la mi-avril, c’est uniquement une croissance de 0,2 % qui était envisagée pour l’Allemagne par le FMI en 2024, le gouvernement ne tablait sur guère mieux avec un chiffre de 0,3 % annoncé la semaine dernière.

Une économie allemande considérée comme semblant " sortir de son creux conjoncturel " par Charlotte de Montpellier. À l’instar du constat fait sur l’Hexagone, Carsten Brzeski, Global Head of Macro chez ING, tempère cet optimisme en martelant que " les faiblesses structurelles bien connues de l’Allemagne ne disparaîtront pas du jour au lendemain et limiteront le rythme de tout rebond cette année ". Certaines similitudes sont notées des deux côtés du Rhin, avec pour la partie allemande les dernières données de vente au détail de mars de ce matin montrant que " même la consommation privée semble enfin montrer les premiers signes provisoires d’un rebond ". Une différence est soulevée cependant par l’économiste, qui évoque une croissance germanique du début d’année qui "a été principalement tirée par le secteur de la construction et les exportations nettes ".

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