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banques françaises / Fitch Ratings

Les banques françaises proches du point d’inflexion / La pression sur le revenu net d’intérêt va s’alléger au second semestre

Si elles ont été défavorisées par la hausse des taux d’intérêt par rapport à leur homologues européennes, les grandes banques françaises devraient voir leur rentabilité s'améliorer progressivement en 2024, alors que la pression sur leurs revenus nets d'intérêts domestiques s'atténuera progressivement à partir du second semestre, à la faveur de la baisse attendue des taux de la BCE.
L'année 2024 devrait aller en s'améliorant pour les banques françaises - Photo by DAMIEN MEYER / AFP
L'année 2024 devrait aller en s'améliorant pour les banques françaises - Photo by DAMIEN MEYER / AFP

Après avoir traversé sans coup férir une année 2023 marquée par les turbulences liées aux faillites de trois banques régionales américaines et au sauvetage de Crédit Suisse, les banques françaises ont démarré l’année 2024 sur les chapeaux de roues. En témoignent les résultats supérieurs aux attentes réalisés au premier trimestre par BNP Paribas, Crédit Agricole ou Société Générale.

Pour autant, lorsqu’on les compare à ceux de leurs homologues européens aux notations de crédit de long terme comparables, allant de "A-" (pour Société Générale), à "A+" (pour BNP Paribas, Crédit Agricole et Crédit Mutuel Alliance Fédérale), en passant par "A" (pour groupe BPCE et La Banque Postale), les grands établissements bancaires tricolores affichent des indicateurs de rentabilité plus faibles. Il en est ainsi du ratio moyen bénéfice d'exploitation/actifs pondérés en fonction des risques (RWA) qui a légèrement diminué en 2023, s’établissant à 1,7 %, après 1,8% en 2022, "ce qui constitue une sous-performance par rapport aux banques européennes", explique Fitch Ratings dans sa dernière étude sur le secteur.

La faute, explique l’agence, à "une moindre efficacité des coûts et une marge nette d’intérêt structurellement plus serrée". Le phénomène est connu. Il est lié en grande partie à l'effet de ciseau qui s'est exercé sur les banques françaises, dû à la hausse rapide des taux d'intérêt. La tradition française en faveur des prêts immobiliers à taux fixe et de la forte concurrence entre les banques en matière de tarification freine en effet la revalorisation de l’actif de leur bilan. Tandis qu’au passif, les hausses de taux de l'épargne réglementée enregistrées en 2022 et 2023, et la migration des dépôts à vue vers les dépôts à terme ont porté le coût des dépôts à des niveaux plus élevés que dans la plupart des pays européens.

Mais les choses sont en train de changer. Alors que la réévaluation de l’actif se poursuit en 2024 au fur et à mesure de l'émission de nouveaux prêts, le coût du financement se stabilise avec le ralentissement de la hausse des taux d'intérêt et la migration plus lente des dépôts à vue vers les dépôts à terme. "En outre, le taux du livret A est gelé jusqu'en janvier 2025, et les taux de la BCE ont atteint leur maximum", observe Fitch Ratings.

La banque centrale prévoit en effet une première baisse de taux en juin. Un premier geste qui pourrait être suivi d’un deuxième en septembre et devrait contribuer à la réduction des coûts de financement des banques tout en stimulant la demande de crédit. Car "la rapidité du rebond du revenu net d’intérêt des banques françaises dépendra de la production de prêts, en particulier des prêts immobiliers", estime Fitch Ratings.

Dans ces conditions, si l’agence prévoit que la demande de crédit devrait rester atone pendant la majeure partie de l'année 2024, elle devrait se redresser sitôt que les taux d'intérêt commenceront à baisser au second semestre de l'année 2024. Dans le même temps, "les activités de la BFI devraient soutenir les revenus en 2024" même si la performance du premier trimestre dans ce domaine ne sera pas facile à rééditer, tandis que "les activités d'assurance, de gestion de patrimoine et d'actifs devraient bénéficier d'un regain d'intérêt des clients pour les investissements pour les titres à revenu fixe", estime-t-elle.

Par ailleurs, les banques françaises disposent encore de marges de progrès pour améliorer l’efficacité de leurs coûts en rationalisant leurs structures organisationnelles et en recourant davantage à l'automatisation et à la numérisation, notamment dans les réseaux de détail. "Cela restera une priorité", souligne Fitch Ratings.

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