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Finances publiques : le FMI avertit l’exécutif sur ses ambitions / La croissance au cœur des divergences de vue
Le Fonds monétaire international est séduit par les aspirations du gouvernement en matière de rétablissement des comptes publics, un rétablissement dont l’exécutif n’a peut-être pas mesuré les implications. "À moyen terme, l’objectif d’assainissement du gouvernement consistant à ramener le déficit en dessous de 3 % du PIB d’ici à 2027 reste approprié pour maintenir la dette sur une trajectoire descendante ", a indiqué l’institution de Washington à l’issue de sa mission menée dans l’Hexagone. Pour mémoire, alors que le déficit public atteignait 5,5 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2023, l’exécutif compte le ramener à 2,9 % en 2027.
"Cela renforcerait la résistance de la France aux chocs et l’aiderait à reconstituer des réserves suffisantes pour répondre aux nouvelles demandes de dépenses résultant des transitions structurelles en cours et des pressions liées au vieillissement à long terme", ont jugé les économistes du Fonds. En vue de réduire le déficit nominal de 2,6 points, le gouvernement compte diminuer de 2,3 points le déficit public structurel (la part du déficit qui ne dépend pas de la conjoncture).
Pour ce faire, il va en grande partie mobiliser le levier des dépenses publiques qu’il veut faire croître bien moins vite que la croissance potentielle (cela représente un effort structurel ce qui concourt à réduire le déficit structurel). En d’autres termes, des économies devront être faites car tendanciellement (sur les années pré-pandémie) les dépenses publiques de la France progressent presque aussi rapidement que son Produit intérieur brut potentiel. Un choix avec lequel le Fonds est en accord. "Compte tenu des niveaux d’imposition déjà élevés de la France, l’assainissement budgétaire devrait continuer à se concentrer sur des mesures ciblées visant à réduire les dépenses courantes", lit-on dans son rapport.
Pour autant, est-ce que l’exécutif s’est donné les moyens de ses ambitions ? En vue de parvenir à ses fins, c’est-à-dire revenir sous les 3 % de déficit en 2027, il faudra réaliser "un effort structurel primaire [effort structurel qui exclut les charges d’intérêts, ndlr] substantiel de près de 3 % du PIB au cours de la période 2025-27", prévient le Fonds.
Or, cela représente un chiffre légèrement supérieur à ce qu’on peut lire dans le programme de stabilité (PSTAB) envoyé à la Commission européenne il y a quelques semaines. "Le FMI a des hypothèses de croissance un peu inférieures aux nôtres pour 2026 et 2027, ce qui explique le besoin d’un ajustement structurel plus fort. Cela ne retire rien à la cohérence du PSTAB", fait-on valoir à WanSquare du côté du ministère de l’Economie et des Finances.
Pour défendre son scénario macroéconomique, Bercy nous fait savoir que les experts du Fonds avec lesquels il échangeait encore hier n’ont pas pris en compte "les réformes structurelles non décidées, qui peuvent soutenir la croissance, comme la prochaine réforme de l’assurance chômage". L’optimisme des prévisions de croissance du gouvernement, en particulier du fait de la consolidation budgétaire, est un point qui avait déjà été soulevé par le Haut conseil des finances publiques (HCFP). Dans son rapport, le FMI recommande d’ailleurs que le HCFP demeure "un élément essentiel du cadre budgétaire français, en soutenant davantage les plans d’assainissement des autorités par son évaluation du réalisme et de la cohérence interne des prévisions macroéconomiques et budgétaires, y compris par rapport aux engagements de la France en vertu des règles budgétaires de l’UE".
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