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BCE / Inflation / taux d'intérêt
BCE : le mystère s’épaissit autour de l’après-première baisse des taux / L'inflation sous-jacente fait des siennes
Cela se confirme, la trajectoire des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) à compter de l’été paraît difficilement prévisible. En fin de matinée, un jeu de données sur la hausse des prix à la consommation en zone euro a surpris les observateurs. En effet, en mai, sur un an, elle s’est établie à 2,6 %, soit 0,1 point au-dessus du consensus.
C’est l’inflation sous-jacente, celle qui exclut les composantes volatiles que sont l’énergie, l’alimentation, l’alcool et le tabac, et dont les mouvements président l’inflation globale future, qui a le plus interpellé. Sur douze mois, elle s’est affichée à 2,9 %, soit 0,2 point de plus que ce que le consensus escomptait, après 2,7 % en avril.
Si l’inflation des produits manufacturés se situe à un plus bas depuis de nombreux mois (0,8 % sur un an), celle des services, un des principaux déterminants de l’inflation globale à moyen terme, est en revanche au plus haut depuis octobre 2023. Un mouvement plus instantané que l’on peut capturer avec le glissement trimestriel annualisé apparaît également surprenant concernant ce secteur, à 5,2 %.
D’après Fabio Balboni et Chantana Sam, économistes chez HSBC, la hausse de l’inflation des services reflète en partie l’introduction du ticket de transport public bon marché en Allemagne en mai 2023 (bien que l’impact pour la zone euro n’aurait dû être que d’environ 0,1 point de pourcentage) et en partie l’impact des vacances prolongées dans certains pays, qui ont maintenu les prix de ces dernières à un niveau élevé. Pour autant, les deux économistes parlent d’une résilience inquiétante liée à des augmentations de salaires toujours fortes. Rappelons que l’inflation sous-jacente est en moyenne à 2,8 % jusqu’à présent au deuxième trimestre alors que la BCE anticipait 2,5 % pour l’ensemble du trimestre.
Cela ne suffira pas à empêcher la baisse des taux d’intérêt clairement annoncée en juin, selon Riccardo Marcelli Fabiani, économiste senior chez Oxford Economics. Cependant, “la BCE sera prudente et il est peu probable qu’elle abaisse les taux d’intérêt lors de la réunion de juillet, étant donné l’interruption momentanée de la désinflation - en particulier dans les services - et les données salariales solides”, juge l’économiste. "L’inflation du mois de mai sert d’avertissement que la semaine prochaine pourrait ne pas marquer le début d’un cycle de baisse traditionnel", estime Bert Colijn, économiste senior chez ING. Le marché commence à douter de la capacité de la BCE à réduire ses taux en septembre (il y a maintenant 60 % de chances que cela se produise), fait-on remarquer chez HSBC.
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