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Macro-économie / Taux / IA / Daron Acemoglu / croissance

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IA / Daron Acemoglu / croissance

Les apports de l’IA en termes de croissance remis en cause / Un expert du MIT refroidit l'ambiance

Dans un article académique, Daron Acemoglu, économiste au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et spécialiste de la croissance, a exposé un point de vue bien moins optimiste que celui du consensus sur les retombées économiques de l’IA. D'après lui, les gains de productivité annuels en découlant pourraient s'élever à seulement 0,05% au cours de la prochaine décennie.
Daron Acemoglu présente sa médaille à l'institut économique Kiel en Allemagne en 2019 - FRANK MOLTER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Daron Acemoglu présente sa médaille à l'institut économique Kiel en Allemagne en 2019 - FRANK MOLTER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

L'IA sera-t-elle génératrice d’une prospérité partagée ? Sur 10 ans, celle-ci pourrait permettre d'augmenter le PIB mondial de 7% d’après la banque d’investissement, Goldman Sachs. De son côté, le célèbre cabinet de conseil, McKinsey, a même déclaré en 2023 que l’IA générative pouvait être la source d'une hausse du taux de croissance annuel du PIB de 3 à 4 points de pourcentage d'ici à 2040.

 

Une vision paradoxale de ces effets positifs 

 

Daron Acemoglu, professeur d'économie au MIT spécialiste des théories de la croissance, ne s’accorde pas avec ces prévisions optimistes. L'IA n'augmenterait la productivité que de seulement 0,66 % sur dix ans, soit 0,06% par an, d'après lui. Un chiffre qui serait lui aussi optimiste. En effet, il explique dans un article académique que, certes l’IA a la capacité d’améliorer la productivité des travailleurs peu qualifiés dans certaines tâches, mais que cette capacité reste très difficile à intégrer. En effet, la difficulté réside dans l'automatisation des tâches, car la majorité d’entre elles ne seront pas affectées juge-t-il.

Le spécialiste relève que si l'on prend en considération la présence de ces tâches laborieuses, cette limite de productivité pour les dix années à venir tombe à environ 0,53 %. Les effets sur le PIB seront quant à eux un peu supérieurs dû à la complémentarité des tâches qui pourrait conduire à des investissements plus importants sur la même période. Cela dépendra de l'investissement dans l'IA. Ainsi, si celui-ci est modeste l'accroissement du PIB en dix ans sera compris entre 0,93% et 1,16% alors que si cet investissement est conséquent la croissance du PIB pourra varier entre 1,4% et 1,56%.

Considérant l'IA comme une technologie prometteuse qui pourrait apporter de nombreux gains, Daron Acemoglu estime qu'ils resteront insaisissables à moins que l'industrie connaisse une réorientation fondamentale. 

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