Banques / Banques / Finance durable / Label ISR / conseil en investissement financier / Autorité des Marchés Financiers / AMF
Banques
Banques / Finance durable / Label ISR / conseil en investissement financier / Autorité des Marchés Financiers / AMF
Des conseillers bancaires loin d’être familiarisés avec la finance durable / Une formation indispensable à mettre en place pour bien flécher les investissements
Si les banques ont résolument pris un virage vert stratégique, force est de constater qu’en agences, la motivation ne suit pas encore. Le sujet de la finance durable semble encore peu maîtrisé par les conseillers bancaires. C’est ce que conclut l’Autorité des marchés financiers (AMF) à l’issue d’une nouvelle campagne de visites mystère, réalisée dans 12 grandes banques de réseau entre septembre 2023 et mars dernier, dans le but d’observer les pratiques de commercialisation des instruments financiers.
Documentation promotionnelle
Certes, l’AMF consent que ceci puisse s’expliquer par le fait que cet exercice est intervenu un an après l’entrée en application de l’obligation de recueillir les préférences des clients en matière de durabilité (règlement MIF 2 du 2 août 2022), et au moment de l’entrée en vigueur des orientations de son homologue européenne, l’ESMA, en octobre 2023, venant en préciser les modalités. Il n’en reste pas moins que cette campagne de visites mystère fait le constat principal d’une majorité de conseillers bancaires "encore peu à l’aise avec le recueil des préférences de durabilité, insuffisamment recueillies auprès du client et expliquées", constate l’AMF.
De fait, alors que les préférences de durabilité, si le client en exprime, doivent être précisément et obligatoirement collectées sur trois axes, à savoir la taxonomie, le règlement européen sur la transparence financière SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) et les effets négatifs sur les facteurs de durabilité liés aux décisions d’investissement, ces préférences ont été expliquées seulement lors d’un entretien sur deux, et le plus souvent de manière succincte. " Le recueil par le biais d’un questionnement sur chacun de ces trois axes a été observé lors de moins d’un entretien sur cinq ", déplore le régulateur.
Par ailleurs, lors de plus d’un entretien sur deux, les visiteurs mystère ont estimé que les conseillers rencontrés ont manqué de clarté et de pédagogie, "et que dans deux cas sur trois ils ne connaissaient pas suffisamment le thème de la finance durable. Peu d’information réglementaire et de rapports d’adéquation ont été remis, les informations données traitant le plus souvent de documents promotionnels", note l’AMF.
Un profil de risque mal établi
Ce faisant, une proposition commerciale a pu être faite lors de 4 rendez-vous sur 10. Si bien que sur les 182 visites effectuées, 72 ont abouti à une proposition commerciale (dont près de 70 % pour des fonds d’actions labélisés ISR et dont près de 40 % des cas seulement pour un produit qui correspondaient aux préférences en matière de durabilité du visiteur) et seulement 22 à une souscription. "Dans neuf cas, le conseiller a incité le visiteur mystère à faire seul son choix d’investissement sur internet à partir d’une liste de fonds disponibles ", s’étonne l’AMF.
Le plus grave peut-être, aux yeux du régulateur, réside dans le fait qu’au-delà des recueils des préférences de durabilité, une proportion importante de conseillers n’a pas interrogé le visiteur sur les aspects financiers de façon complète pour établir son profil. Or, en vue de leur recommander les services d’investissement et les placements adéquats, les professionnels sont obligés de recueillir des informations sur les clients. Un questionnement qui doit porter sur leurs connaissances et leur expérience, leur situation financière, y compris leur capacité à subir des pertes, leurs objectifs d’investissement et leur tolérance au risque. "Deux conseillers sont trois ont interrogé le visiteur sur ses projets et objectifs financiers et un sur deux sur son expérience ou ses connaissances financières ", détaille l’AMF qui prévient que "la formation des conseillers bancaires est un élément clé de la mise en œuvre de la réglementation ainsi que de l’amélioration de la qualité du conseil fourni aux clients. Il est de la responsabilité des établissements bancaires de veiller à la bonne compréhension de ces sujets par leurs conseillers ".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

