Macro-économie / Taux / Fed / taux d'intérêt / Inflation
Macro-économie / Taux
Fed / taux d'intérêt / Inflation
États-Unis : des baisses de taux potentielles réduites à peau de chagrin / La Fed en escompte une seule en 2024
Les partisans de baisses des taux massives aux États-Unis vont devoir prendre leur mal en patience. Alors qu’elle a décidé de maintenir son taux directeur dans un étiage compris entre 5,25 % et 5,50 %, la Réserve fédérale américaine (Fed) en a dévoilé davantage, comme chaque trimestre, sur ses perspectives en la matière à court, moyen et long termes.
Alors qu’il escomptait trois baisses de taux en 2024, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed en attend désormais une seule. Pour mémoire, il s’agit d’une prévision représentant la trajectoire médiane future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation.
Dans le détail, quatre membres (sur dix-neuf) ne prévoient aucune baisse, sept en anticipent une et huit en prévoient deux. "Nous avons eu de très bonnes données sur l’inflation au second semestre de l’année dernière, puis une sorte de pause dans les progrès au premier trimestre. Et ce que nous en avons retenu, c’est qu’il faudra probablement plus de temps pour obtenir la confiance dont nous avons besoin pour commencer à assouplir notre politique monétaire", a justifié Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse. Les membres du FOMC ont relevé de 0,2 point leurs prévisions d’inflation globale et cœur (hors alimentation et énergie) pour cette année respectivement à 2,8 % et 2,6 %, et de 0,1 point pour 2025, à 2,3 % pour les deux types d’inflation.
"Il y a moins de baisses de taux en termes de médiane cette année, mais il y en aura une de plus l’année prochaine. Donc si vous regardez la fin de l’année 2025 et 2026, vous êtes presque exactement là où vous auriez été, mais cela a été déplacé plus tard en raison de l’évolution de la situation", a fait remarquer Jerome Powell. À la fin de l’année prochaine, les membres du Comité de politique monétaire s’attendent à ce que les taux se situent entre 3,75 % et 4 % (contre une fourchette allant de 4 % à 4,25 % précédemment). Pour ce qui est de la fin 2026, la prévision n’a pas bougé, il est prévu que les taux soient compris entre 3 % et 3,25 %.
Fait intéressant, le taux d’intérêt directeur nominal de long terme (celui atteint en moyenne au cours du cycle), celui qui ni ne freine ni ne soutient l’activité économique, a été relevé de 20 points de base à 2,8 % par rapport à mars. Rappelons qu’avant la pandémie (décembre 2019), les membres du FOMC l’évaluaient à 2,5 %. Cela corroborerait-il la thèse que nous allons évoluer dans une ère où les taux seront structurellement plus élevés qu’auparavant ? "Les membres du FOMC l’ont progressivement réévalué à la hausse parce que je pense simplement qu’ils estiment que les taux sont moins susceptibles de descendre à leurs niveaux d’avant la pandémie qui étaient très bas sur le plan historique. […] C’est un débat intéressant à avoir maintenant, mais en fin de compte, nous pensons que des choses comme le taux neutre sont motivées par des forces à long terme et lentes, et, vous savez, il y a une très bonne question à savoir si celles-ci ont vraiment changé ou si les taux et l’économie ont plutôt changé à cause d’une série de chocs persistants mais finalement temporaires. C’est le débat et nous ne savons pas", a déclaré Jerome Powell.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

