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CAC 40 / EY

La santé financière du CAC 40 est restée imperméable à l'année 2023 / Des fondamentaux immatériels bien construits qui immunisent

Les performances des champions de l’économie française ont été au rendez-vous en 2023. Ce qui prouve que les records atteints l’année passée n’étaient pas seulement relatifs à la reprise post-Covid 19. Le résultat de fondamentaux solides bien cultivés, qui permettent aux entreprises de l’indice phare de la Bourse de Paris de tirer parti d’une renommée toujours plus internationale, même si certaines tendances de fond les pousseront sûrement à devoir se réinventer.
CAC 40 (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
CAC 40 (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

À défaut d’avoir abandonné son titre de première place européenne au profit de celle de Londres la semaine dernière, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron et de l’annonce d’élections législatives anticipées, la Bourse de Paris peut au moins se consoler en sachant que ses quarante vedettes ont atteint un nouveau record en 2023 sur ce plan. Selon la dernière étude du cabinet EY sur le profil financier du CAC 40, il pesait 2 458 milliards d’euros de capitalisation boursière à la fin de l’année passée. Ce qui représente une progression de près de 16 % sur un an. Il faut dire qu’en décomposant la valeur boursière de l’indice, une constante ressort depuis 2006. Elle se doit en effet, à hauteur de moitié, aux actifs incorporels non comptabilisés. Soit notamment les marques développées en interne et tout ce qui fait la renommée du fleuron des entreprises françaises. Le poids de ces actifs est d'ailleurs reparti à la hausse en 2023.

Une base solide de fondamentaux qui sert aussi leur activité. Un record avait été atteint sur ce point en 2022. En 2023, le CAC 40 a gardé le cap. Il a enregistré 1 736 milliards d’euros de revenus, soit une légère baisse de 0,7 % sur un an (pour mémoire, la progression s’affichait à plus de 22 % l’année dernière). "Force est de constater que les performances du CAC 40 sur les dernières années n’étaient pas seulement liées à la conjoncture de reprise post-Covid. Dans un environnement aussi concurrentiel qu’en 2023, où la pression a été particulièrement notable sur les prix, c’est assez impressionnant. Les fondamentaux sont solides, les entreprises du CAC 40 ont su utiliser leur pricing power, tandis que leurs actifs incorporels de qualité leur permettent toujours de rester dans la course", commente l’associé en stratégie et transactions chez EY, Nicolas Klapisz, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Un poids international avéré

 

Le recul du chiffre d’affaires du secteur de l’énergie, de 14 %, a tiré la croissance des revenus du CAC 40 à la baisse. En l'excluant, l’activité des entreprises des sociétés de l’indice phare a progressé de 3,3 % sur un an, en ligne avec les niveaux historiques de croissance pré-crise sanitaire. Sur le podium des principaux contributeurs à la croissance organique ? Stellantis, LVMH et Renault.

Les champions français de l’économie tricolore sont d’ailleurs de moins en moins européens au niveau de la répartition de leur chiffre d’affaires. La part de leurs revenus réalisée en France s’est élevée à 22,7 % du total en 2023. "Environ trois quarts des biens et services du CAC 40 sont vendus à l’international. C’est une constante. Cela donne de l’immunité en termes d’exposition au risque domestique. Cela permet aussi de capter de nouvelles zones de croissance. Les champions français sont en fait de vrais champions internationaux", appuie Nicolas Klapisz. La part européenne des revenus du CAC 40 représente quant à elle à peu près la moitié de leurs ventes. A peu près stable depuis 2015, elle s’élevait à 72 % en 2006.

 

Des tendances à anticiper

 

Malgré leur taille de géant, il se trouve que les entreprises du CAC 40 ont aussi su faire preuve d’agilité en matière de gestion des coûts. Dans un environnement inflationniste resté persistant au fil de l’année 2023, le taux de marge opérationnelle courant s’affiche à deux chiffres pour la troisième année consécutive, à 13,1 %, quand leur résultat opérationnel courant s’est maintenu au-dessus de 200 milliards d’euros. "Il y a tout de même certaines tendances de fond, comme l’intelligence artificielle, qui vont pousser les entreprises du CAC 40 à réinventer leurs modèles d’affaires. Ces tendances concernent aussi le changement climatique, car il aura nécessairement un impact sur les coûts. Il leur faudra développer leurs départements de R & D en interne, ou bien s’appuyer sur des acquisitions ciblées", souligne néanmoins Nicolas Klapisz.

Effectivement, les investissements ont d’ailleurs dépassé pour la première fois depuis 2006 la barre des 100 milliards d’euros, représentant une hausse de 14,1 % sur un an. "À fin 2023, nous l’interprétons comme un marqueur de confiance en l’avenir", assure Nicolas Klapisz. Autant d’éléments qui auront permis aux profits du CAC 40 de rester ancrés sur leurs appuis, alors que les résultats nets cumulés sont en hausse pour la troisième année consécutive, à près de 150 milliards d'euros. De quoi gratifier les actionnaires du CAC 40 : le montant des dividendes qui leur a été accordé a de fait suivi la même tendance.

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