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Macro-économie / Taux / Agence France Trésor / Finances publiques

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Agence France Trésor / Finances publiques

Législatives anticipées : les taux se tendent (légèrement) pour la première émission d’OAT moyen terme post-dissolution / Le taux de couverture demeure toutefois bien au-dessus de 2

En fin de matinée, l’Agence France Trésor, organisme chargé de gérer la dette et la trésorerie de l’État, réalisait sa première émission à moyen terme depuis l’annonce de la dissolution par le président Emmanuel Macron. Au total, elle est, comme prévu, parvenue à lever 10,495 milliards d’euros. Les taux d’intérêt sont ressortis près d’une vingtaine de points de base au-dessus, en moyenne, de ceux obtenus lors de sa dernière émission semblable en mai.
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les conditions de financement de la dette française se tendent très légèrement sur le marché primaire. L’Agence France Trésor (AFT), organisme chargé de gérer la dette et la trésorerie de l’État, réalisait ce matin sa première émission à moyen terme depuis qu’Emmanuel Macron, président de la République, a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin au soir. Les "traders de la République" sont, comme ils l’avaient prévu, parvenus à lever 10,495 milliards d’euros.

Dans le détail, le taux d’intérêt moyen pondéré est ressorti à 3,04 % pour l’émission à échéance 2027, 3,03 % à échéance 2029, 3,01 % à échéance 2030 et 3,05 % à échéance 2032. En comparaison, mi-mai, l’AFT avait obtenu des taux d’intérêt moyens environ 20 points de base inférieurs sur les échéances comparables, ce qui reflète l’évolution de la situation sur le marché secondaire depuis lors avec une remontée de l’écart de taux entre les obligations françaises et allemandes liée à l’incertitude du résultat des législatives.

Le taux de couverture, lui, qui rapporte les offres faites par les spécialistes en valeurs du Trésor (quinze banques qui sont les seules autorisées à formuler des offres lors de ces adjudications) à la somme que souhaite lever l’AFT, est toujours en moyenne supérieur à deux et atteint même 285 % pour l’émission à échéance 2030. Cet indicateur permet à l’AFT de mesurer le niveau de sécurité de ses adjudications. En effet, son objectif n’est pas seulement d’agir au mieux des intérêts du contribuable mais aussi dans les meilleures conditions possibles de sécurité.

Pour mémoire, les taux de couverture des OAT (celles à long terme sont incluses) s’élevaient à 235 % en 2019, 218 % en 2020, 228 % en 2021, 225 % en 2022 et 230 % en 2023. "Eu égard aux fluctuations qu’on observe d’une adjudication à l’autre, il ne faut pas surinterpréter les variations", prévenait récemment Antoine Deruennes, directeur général de l’Agence France Trésor, à l’occasion d’une audition à l’Assemblée nationale dans le cadre de la commission d’enquête sur la dette publique. L’AFT se fixe un objectif de 150 % pour les titres à moyen et long termes.

À Bercy, ces émissions sont surveillées comme le lait sur le feu. Dans le programme de stabilité, le taux d’intérêt à long terme (OAT 10 ans) est attendu en moyenne à 3 % en 2024 et à 3,2 % en fin d’année. Il se situe actuellement à 3,17 %. Plus largement, rappelons que par rapport à une trajectoire de taux donnée, une hausse permanente de 50 points de base sur l’ensemble des échéances (court moyen et long termes) représente un surcoût de 1,3 milliard d’euros par an au bout d’un an pour l’État en termes de charges d’intérêts, et de 16,3 milliards d’euros par an au bout de dix ans (la dette étatique a une maturité moyenne de huit ans et demi, le stock est ainsi refinancé petit à petit).

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