WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
régulation; France; BCE

Macro-économie / Taux / MSU / François Villeroy de Galhau / secteur bancaire

Macro-économie / Taux
MSU / François Villeroy de Galhau / secteur bancaire

Le MSU a déjà 10 ans et semble parti pour durer / Un dispositif appelé à évoluer dans les prochaines années

L’anniversaire aura réuni nombre de participants. Le système de supervision bancaire européen qu’est le mécanisme de surveillance unique (MSU) est en effet composé tant de l’institution de Francfort que de chacune des autorités nationales de supervision. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n’a pas manqué de remercier chacun des acteurs de cette histoire commune et a également rappelé son attachement à la compétitivité du secteur bancaire européen.  
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Fabrice COFFRINI / AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Fabrice COFFRINI / AFP

Un mantra qu’il répète à chaque fois qu’il en a l’occasion ou presque. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a de nouveau rappelé qu’il attachait la plus grande importance à ce que le secteur bancaire du Vieux continent puisse tenir la comparaison avec les mastodontes de ce monde. Pas question pour autant d’être trop laxiste, et il estime que les derniers choix du Conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne (BCE) vont lui permettre d’être " plus rapide, plus réactive et plus intrusive lorsque nécessaire".

Pour autant les chantiers européens demeurent conséquents à ses yeux, il se félicite de constater qu’il a parfaitement été "réussi à bâtir une Union de supervision mais moins à réaliser une Union bancaire complète". Une situation responsable à ses yeux de l’absence d’émergence de banques pan-européennes et par ricochet d’une compétitivité qui s’étiole face aux concurrents américains. Le gouverneur a étayé son propos de plusieurs chiffres. Notamment il s’inquiète de voir que l’an passé " la part de marché domestique des cinq premières banques américaines s’établissait à 42 %, contre environ 28 % pour les cinq premières banques en Europe", tout comme il déplore que " la banque européenne la plus active dans les activités de banque d’investissement se classe seulement au neuvième rang mondial, loin derrière les cinq premières – qui sont toutes américaines".

De quoi le conforter dans sa conviction qu’il est "grand temps que nous tirions parti de la taille du marché européen. Nous, Européens, devons trouver un moyen de réaliser des progrès réels et significatifs ". Il a pris à témoin Claudia Buch, la présidente du conseil de surveillance de la BCE, arguant qu’elle partageait cette conviction. Il espère que ses pairs européens le rejoindront dans le constat de "pratiques prudentielles [qui] sont désormais suffisamment matures pour alléger les processus, afin de favoriser une supervision fondée sur les risques et d’utiliser toute la boîte à outils prudentielle, notamment en se concentrant sur les mesures qualitatives".

 

Un système perfectible

 

Plusieurs axes d’efforts ont été esquissés par François Villeroy de Galhau, signe que la supervision européenne peut encore progresser. Il a notamment appelé de ses vœux la construction d’un " véritable mécanisme européen de garantie des dépôts", il s’est placé dans la même ligne que son homologue allemand Joachim Nagel qui plaide pour "un modèle hybride [qui] présenterait de multiples avantages par rapport à un modèle centralisé, purement européen ".

Le gouverneur de la Banque de France a également souhaité que soient mis de côté les débats nationalistes lorsque ceux-ci nuisent à la mise en place de la ‘juridiction unique’. La question des dérogations aux exigences de fonds propres a également été évoquée par ses soins comme ne devant pas être considérées uniquement tel un héritage, bien au contraire puisqu’il en appelle à en envisager d’autres. Des solutions alternatives pouvant réussir à la condition de se pencher sur la question du pays d’origine ou d’accueil.

 

Défenseur

 

L’Europe n’est pas la seule à pouvoir améliorer ses dispositions, comme il l’avait déjà affirmé récemment le gouverneur a martelé que l’heure était " à une application équitable de Bâle 3 partout ". Il a de nouveau évoqué la possibilité de voir la Commission européenne décaler la mise en œuvre de certaines mesures, il espère toujours voir les autorités américaines transposer " Bâle III de manière pleine et fidèle et dans un futur pas trop lointain".

Actualité politique oblige, François Villeroy de Galhau a évoqué la situation des banques françaises et s’est réjoui de constater que ni leur liquidité ni leurs fonds propres " n’ont en aucune façon été affectés par les fluctuations récentes en Bourse". Il estime que le triptyque du modèle bancaire français constitué "de marges d’intermédiation modérées, de volumes de prêt importants et d’un faible coût du risque", en fait un atout de taille non seulement pour l’Hexagone mais également pour le Vieux continent.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article