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Evenements / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / TotalEnergies / Air France / AXA / énergies fossiles / énergies renouvelables / coût / transition énergétique

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Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / TotalEnergies / Air France / AXA / énergies fossiles / énergies renouvelables / coût / transition énergétique

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / Le coût de la transition énergétique ne doit pas devenir un fardeau pour les entreprises européennes

La transition énergétique devra être progressive si elle veut se faire, a soutenu, ce samedi matin, un panel de professionnels aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Pour les entreprises européennes, elle a d’abord un coût et peut ainsi se traduire par une perte de compétitivité par rapport à leurs concurrents internationaux qui ne sont pas forcément soumis aux mêmes exigences de réglementation environnementale. De fait, l’urgence climatique est encore loin d’être devenue une priorité mondiale, et notamment pour les pays émergents où les stratégies de développement sont dictées par le coût de l'énergie. 
Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, Anne Rigail, directrice générale d'Air France et Thomas Buberl, directeur général d'Axa (DR)
Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, Anne Rigail, directrice générale d'Air France et Thomas Buberl, directeur général d'Axa (DR)

Arrivera-t-on un jour à la fin des énergies fossiles ? Peut-être, mais pas tout de suite. "Quand j’ai démarré chez TotalEnergies, la part du pétrole dans le mix énergétique était 82 %. Aujourd’hui, elle est de 81 %. Pourquoi ? Parce que la demande en énergie augmente (encore 2 % l’an dernier) et la population mondiale croît. Dans ce contexte, si 600 gigawatts d’énergies renouvelables ont été produits en 2023, un record, ils ne couvrent aujourd’hui que 40 % de l’accroissement de la demande. Dans le même temps, les investissements mondiaux dans le charbon ne baissent pas, Ils sont toujours de 200 milliards d’euros par an. Il s’agit en effet de l’énergie la moins chère et notamment pour les pays émergents ", a constaté le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, invité à s’exprimer aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

D’autant que, comme il l’a rappelé, tous les usages ne sont pas encore "tout électriques". Sans compter que les pays émergents ne sont pas forcément d’accord avec les règles imposées par d’autres Etats, comme par exemple l’Europe. Pour Patrick Pouyanné, le sujet de la transition énergétique est une question de capacité à convaincre, à embarquer l’ensemble de la planète et donc de rythme. "Or, le rythme aujourd’hui est dicté par le prix de l’énergie. Toutes les énergies renouvelables que nous développons coûtent plus cher. C’est pour cela que la transition ne peut se faire que graduellement ", a-t-il expliqué, appelant à trouver " une équation compatible entre l’urgence de la transition énergétique et le pouvoir d’achat ".

De fait, modifier les usages à un coût. Chez TotalEnergies, ce seront 80 milliards d’euros qui seront consacrés aux énergies renouvelables d’ici 2030. Chez Air France, un milliard d’euros par an est investi dans le renouvellement de la flotte, avec des avions neufs de nouvelle génération, émettant 20 à 25 % de carbone en moins. "Il y a aussi les SAF (carburants alternatifs issus de matières premières durables) que la réglementation européenne nous impose d’intégrer petit à petit aux réservoirs des avions, 2 % dès 2025, 6 % en 2030, puis 20 % en 2035. Mais encore faut-il pouvoir s’approvisionner. Certes, un tiers de nos besoins ont été sécurisés dès 2022 mais la question se pose après 2030 ", a fait remarquer Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

Des SAF que TotalEnergies produit déjà dans ses raffineries, - moyennant un investissement de 300 à 400 millions d’euros pour les transformer et les rendre compatibles – mais qui se heurtent aujourd’hui aussi au problème des matières premières. "La filière n’est pas très organisée et la matière coûte cher : le fioul synthétique coûte par exemple 8 à 10 fois plus cher que le kérosène ", a souligné le président-directeur général de la compagnie multi-énergies, évoquant ainsi des répercussions logiques sur le prix du billet d’avion sur le client final.

De quoi refroidir les passagers qui "s’ils ont la possibilité d’opter pour une autre compagnie aérienne internationale qui n’est pas impactée par ce type de réglementation, comme Turkish Airlines (le hub a gagné 25 % depuis 2019) ou les compagnies du Golfe, feront leur choix ", a prévenu Anne Rigail.

Dans ce contexte, le changement ne peut être en effet que progressif. Et dans l’intervalle, il doit être accompagné par de véritables politiques de prévention de tous les Etats, a ajouté Thomas Buberl, directeur général d’Axa. "Le sujet de la prévention va devenir central pour maîtriser l’enchaînement des évènements climatiques. Chaque Etat doit se doter d’un plan de transition, d’un plan de bataille concret. Or, aujourd’hui, seule la Suisse l’a fait ", a-t-il regretté.

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