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Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Finances publiques

Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / Finances publiques

Politique budgétaire : François Villeroy de Galhau plaide pour deux règles d’or / Ne surcharger ni les entreprises ni le déficit public

Dans un contexte où se prépare le projet de loi de finances 2025 dans une période d’incertitude politique élevée, le gouverneur de la Banque de France estime que les décideurs devraient garder à l’esprit "deux boussoles" : ne pas alourdir les coûts salariaux des entreprises ainsi que leurs impôts et ne pas creuser le déficit public.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Alors que la France est aux prises avec une incertitude importante, François Villeroy de Galhau rappelle ce qui lui paraît essentiel sur le plan de la politique économique. D’après le gouverneur de la Banque de France, "il faut se donner deux règles d’or, deux boussoles".

D’une part, "dans la compétition économique, nos PME, nos entreprises ne peuvent pas être alourdies par des coûts salariaux excessifs, y compris le SMIC, et par des impôts trop lourds. Ce serait très mauvais pour l’emploi tout de suite et très mauvais pour le pouvoir d’achat à terme. C’est la première règle d’or : ne pas surcharger nos entreprises, nos PME", a-t-il souligné. Lors de la campagne des législatives anticipées, le Premier ministre Gabriel Attal, avait également évoqué une règle d’or, celle de ne pas augmenter les impôts.

Rappelons que le Nouveau Front Populaire (NFP) veut notamment porter le Smic à 1 600 euros net pour un temps plein, ce qui correspondrait à une augmentation de 14,4 % par rapport à son étiage actuel (12,4 % si l’on prend en compte la revalorisation automatique qui aura lieu en août du fait de l’inflation). D’après les estimations du directeur de la prévision de l’OFCE Eric Heyer, cela conduirait à 29 000 destructions nettes d’emplois au bout d’un an. Dans le détail, l’effet de la hausse de consommation induite ne contrebalançerait pas suffisamment la hausse du coût du travail (même en prenant en compte la baisse du coût du travail liée à une masse salariale qui va davantage bénéficier des exonérations de cotisations sociales).

Par ailleurs, le grand argentier plaide pour une deuxième règle d’or en termes de déficit public. "Nous ne pouvons plus creuser encore davantage ces déficits. Ils nous coûtent de plus en plus cher à financer et ils pèsent sur notre souveraineté", a-t-il estimé. Cette année, le déficit public devrait s’afficher à 5,1 % du PIB (après 5,5 % en 2023) tandis que les charges d’intérêts payées par l’ensemble des administrations publiques devraient représenter 1,9 point de Produit intérieur brut (PIB), soit 55 milliards d’euros. Pour ce qui est de 2027, si les déficits publics futurs et la trajectoire des taux d’intérêt s’avèrent ceux inscrits dans le programme de stabilité, alors elles s’établiront à 83 milliards d’euros, soit 2,6 points de PIB (le solde public primaire serait quasiment à l’équilibre, à -0,3 % du PIB). "Tout ce que nous dépensons à cause de cette dette passée, c’est autant que nous ne pouvons pas mettre dans des dépenses d’avenir comme le climat, l’éducation, etc.", a-t-il déploré.

" Il n’y a pas de trésor caché dans l’économie française", a ajouté François Villeroy de Galhau. "La nouvelle plutôt réconfortante est que le seul trésor de l’économie française, c’est notre travail, la qualité de notre innovation, de l’engagement de ces 30 millions de Français qui sont au travail. Notre avenir économique est entre nos mains. C’est ce qui détermine le pouvoir d’achat, l’emploi et la puissance économique de la France", a-t-il avancé.

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