Macro-économie / Taux / Etats-Unis / croissance
Macro-économie / Taux
Etats-Unis / croissance
L’économie américaine surprend son monde / Portée par une demande intérieure vigoureuse, elle se permet d'accélérer nettement
La première économie mondiale continue d’étonner le consensus. Entre avril et juin, l’augmentation du Produit intérieur brut (PIB) en volume des États-Unis s’est établie à 2,8 % en glissement trimestriel annualisé (soit 0,7 % en croissance trimestrielle), après 1,4 % entre janvier et mars, selon les données publiées par le département du Commerce. En comparaison, les prévisionnistes anticipaient une progression de 2 % de l’activité économique.
Une performance que l’Oncle Sam doit à sa demande intérieure, les exportations de biens et services ayant crû 3 fois et demi moins vite que les importations, générant une contribution négative du commerce extérieur à hauteur de – 0,72 point de pourcentage.
De son côté, la consommation des ménages a connu une hausse de 2,3 %, contribuant pour 1,57 point à la croissance. Dans le détail, la consommation en biens a augmenté de 2,5 % (dont 4,7 % pour les biens durables) et celle en services de 2,2 % (près de la moitié de la contribution positive des services trouve son origine dans la santé). L’investissement privé a augmenté, lui, de 8,4 % sur le trimestre en rythme annualisé et sa contribution à la croissance s’affiche à 1,46 point, porté par la composante “équipements” (11,6 %) et “propriété intellectuelle” (4,5 %).
Fondamentalement, l’économie américaine semble sur de bons rails, c’est en tout cas le message envoyé par une variable particulièrement scrutée par les conjoncturistes, en raison de ses propriétés prédictives, nommée "ventes finales aux acheteurs domestiques privés" (VFADP). Excluant des éléments erratiques comme l’évolution des dépenses gouvernementales, des variations de stocks ou encore des exportations nettes, elle donnerait une image plus fidèle de la situation économique présente et à venir que le PIB dans son ensemble. Il se trouve que les VFADP ont augmenté de 2,6 % entre avril et juin, soit un chiffre plus élevé que sa moyenne en 2022 et 2023 (2,3 % et 1,9 %) et identique au premier trimestre 2024.
Au second semestre, un ralentissement risque cependant d’apparaître sous l’effet de la faible croissance du revenu disponible réel, la réduction du soutien de l’épargne liée à la pandémie et l’augmentation des impayés sur les prêts (le coût du crédit étant de plus en plus élevé), soutient James Knightley, chef économiste chez ING. En outre, "le climat de l’investissement sera également moins allant, les entreprises se montrant plus prudentes quant aux perspectives (affaiblissement des intentions d’embauche et d’investissement, tandis que le ralentissement des ventes de logements laisse présager une plus grande faiblesse de la construction résidentielle)", rapporte-t-il.
Et la Réserve fédérale américaine (Fed) dans tout cela ? La vigueur de l’économie américaine pourrait-elle réfréner sa volonté de baisser les taux au cours des prochains mois ? "Une croissance plus forte que prévu ne devrait pas empêcher une baisse des taux en septembre", estime Stephen Brown, chef économiste chez Capital Economics. Le chiffre d’aujourd’hui devrait "tempérer les inquiétudes quant à la durabilité de l’expansion et à calmer les bavardages selon lesquels la Réserve fédérale devrait réduire ses taux d’intérêt en juillet", juge Ryan Sweet, économiste chez Oxford Economics, qui s’attend également à une baisse des taux à la fin de l’été.
Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale américaine se réunit en milieu de semaine prochaine et alors que son taux d’intérêt directeur se situe dans une fourchette comprise entre 5,25 % et 5,50 %, une diminution de 25 points de base n’aurait qu’une probabilité de 6,7 % de se produire, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool.
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