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Les marchés financiers se font peur face à la menace de récession américaine / La crainte du « hard landing »
Vent de panique sur les marchés mondiaux. Après avoir fait s’effondrer Wall Street vendredi, la peur de l’entrée en récession de la première puissance économique mondiale a balayé les marchés asiatiques, tout particulièrement le Nikkei 225. L’indice japonais a plongé de 12,4% lundi matin, sa plus forte baisse en une séance depuis octobre 1987, sous l'effet également de l'appréciation du yen.
En Europe, les principaux indices subissent également une forte correction. Après avoir perdu plus de 3% en début de séance, le Stoxx Europe 600 cédait encore 2,9%, à 483,25 points à 14h00. A Paris le CAC 40 et le SBF 120 abandonnaient respectivement 2,4% et 2,5%. Le DAX 40 à Francfort décrochait de 3% tandis que le FTSE 100 lâchait 2,9% à Londres.
Vendredi, le Dow Jones et le S&P 500 ont abandonné 1,5% et 1,8% respectivement, tandis que le Nasdaq Composite a chuté de 2,4%, donnant à la récente baisse de forme des marchés boursiers américains une ampleur inattendue, alors qu’ils avaient connu une ascension exceptionnellement régulière jusqu’à mi-juillet. " Il fallait s'attendre à un retour à des niveaux de volatilité plus élevés, notamment parce que la Fed s'apprête à entamer un cycle de réduction de ses taux", et aussi parce que "l'incertitude politique reste élevée, en particulier à l'approche de l'élection présidentielle américaine de novembre ", estiment les analystes d’UBS. En préouverture lundi, les contrats à terme sur les indices Dow Jones et S&P 500 perdaient 2,2% et 2,9% respectivement. Celui sur le Nasdaq 100 cédait 4,7%.
L'annonce vendredi d'une hausse du chômage en juillet à un plus haut depuis octobre 2021 aux Etats-Unis, combinée à celle d'une forte contraction du secteur manufacturier, a mis le feu aux poudres, faisant brutalement prendre conscience aux investisseurs que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait avoir trop tardé à enclencher son cycle de baisse de taux.
Celle-ci les a laissés inchangés la semaine dernière à l’issue de la dernière réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC). A cette occasion, Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine n’a pas écarté la possibilité qu’une première diminution du taux d’intérêt directeur ait lieu mi-septembre si les bons chiffres d'inflation et la modération du marché du travail continuaient.
Mais cette modération s’avèrerait désormais trop rapide. Au point que d’aucuns arguent désormais que, selon la règle de Sahm (qui tire son nom de l’économiste Claudia Sahm), les États-Unis seraient au début d’une récession.
Le 10 ans américain plonge sous les 4%
En quelques jours, les investisseurs sont donc passés d’un certain enthousiasme pour des données économiques plus faibles en raison de leurs implications positives pour l'inflation, à la crainte d'un ralentissement trop brutal de la croissance du PIB. "Des données faibles avaient jusqu'à présent été bien accueillies par les marchés, car elles relançaient l’espoir d’un soutien de la Fed, [mais] les mauvaises nouvelles sont désormais prises pour telles ", commente ainsi Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays.
Or, de deux maux il faut choisir le moindre. Et la réaction des marchés monétaires montre que les investisseurs s’attendent maintenant à ce que la Fed donne la priorité au marché du travail plutôt qu'à l'inflation. Le rendement du Trésor américain à 10 ans vient de passer sous la barre des 4 % pour la première fois depuis février. Après avoir chuté vendredi de 17 points de base, à 3,79%, il perd lundi 5 points de base supplémentaires, à 3,74%.
"Les marchés monétaires anticipent désormais un assouplissement de 116 points de base d'ici la fin de l'année, alors qu'avant les données sur l’emploi, ce chiffre n'était que de 86 points de base", observent de leur côté les économistes de Jefferies, jugeant même qu’une réduction de taux intra-réunion "semble désormais probable", ce qui constituerait une première depuis mars 2020. Certains analystes parient ainsi sur une baisse des taux de 50 points de base lors de la prochaine réunion de la Fed de septembre afin d’éviter un "hard landing".
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