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Professions financières / M&A / Fusions et acquisitions / ION Analytics / PitchBook

Professions financières
M&A / Fusions et acquisitions / ION Analytics / PitchBook

La reprise des fusions et acquisitions se renforce / Le private equity revient dans la partie

Les fusions et acquisitions ont amorcé un redressement encourageant au premier semestre 2024. Selon ION Analytics et Dealogic, le volume des transactions a enregistré une hausse de 17 % en glissement annuel, atteignant 1 600 milliards de dollars. Une reprise largement portée par l’appétit acheteur des entreprises, dont l’activité a atteint un niveau inédit en proportion, fortes de leurs colossales réserves de liquidités. Le private equity commence néanmoins à sortir de sa torpeur, avec une part des transactions qui a rebondi au deuxième trimestre, à la faveur notamment du retour des banques sur le marché du crédit et d’une (légère) amélioration des conditions de financement.
L'activité mondiale de M&A a conforté sa reprise au deuxième trimestre 2024 - Photo by Ale Ventura / AltoPress / PhotoAlto via AFP
L'activité mondiale de M&A a conforté sa reprise au deuxième trimestre 2024 - Photo by Ale Ventura / AltoPress / PhotoAlto via AFP

Après l’année noire de 2023, la légère reprise de l’activité mondiale de fusions et acquisitions qui a commencé à se dessiner au premier trimestre 2024 s’est renforcée au deuxième. Sur l’ensemble du premier semestre, le volume des transactions a augmenté de 17 % en glissement annuel pour atteindre 1 600 milliards de dollars, selon ION Analytics et Dealogic. Une amélioration portée les acteurs stratégiques, autrement dit les entreprises, qui ont représenté 73 % du volume des transactions au cours du premier semestre, un niveau jamais vu avant la pandémie.

Une prépondérance que plusieurs facteurs peuvent expliquer. D’abord, la persistance de taux d’intérêt élevés a continué de rendre les rachats par endettement – dont dépend davantage le private equity - très coûteux. Ensuite, les opérateurs stratégiques disposent d’une montagne de poudre sèche. Les "sept magnifiques", pour ne citer qu’eux – Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, NVidia et Tesla – disposaient de plus de 450 milliards de dollars de liquidités à la fin du dernier trimestre, note ainsi ION Analytics. Troisièmement, la croissance des valorisations boursières - le S & P 500 s’est apprécié de plus de 20 % entre fin juin 2023 et fin juin 2024 - a donné aux entreprises une solide monnaie d’échange pour réaliser des transactions.

 

Les entreprises à la manoeuvre

 

Un rapport de force illustré par le fait que sur les dix plus grandes opérations réalisées au premier semestre, sept d’entre elles ont été mises en œuvre par un acheteur stratégique, la plus importante étant le rachat de l’émetteur de cartes de crédit Discover Financial Services par la banque Capital one pour 35 milliards de dollars, annoncée en février.

Deux ont été des scissions d’entreprises au profit d’actionnaires existants : le spin off de 38,1 milliards de dollars des activités de General Electric dans l’énergie, GE Vernova, et celui de 17,3 milliards de dollars de 3M pour ses activités dans le secteur de la santé, Solventum, tous deux réalisés en avril. Si bien que la seule transaction du top 10 impliquant un sponsor financier au premier semestre aura été le rachat, en avril également, pour 14,9 milliards de dollars, du géant du divertissement Endeavor par le fonds Silver Lake

De fait, tandis que les transactions stratégiques à l’initiative d’entreprises acquéreuses connaissent une croissance à deux chiffres depuis le début de l’année, le flux de transactions liées au private-equity est demeuré handicapé par deux choses : une plus grande sensibilité aux taux d’intérêt élevés et une atonie persistante de l’activité de sortie.

 

Rebond des LBO

 

Toutefois, même dans ce domaine, la lumière commence à poindre au bout du tunnel. "La situation a changé au deuxième trimestre, et le private equity semble maintenant s’associer à la reprise", observe en effet Pitchbook de son côté. Reflétant ce changement, la part du capital-investissement dans la valeur totale des opérations de fusions et acquisitions a rebondi à 41 % au deuxième trimestre, contre 33,5 % au premier, mettant fin à une dérive de près de deux ans, du moins pour l’instant.

"Les sponsors financiers ont repris vie au deuxième trimestre", confirme ION Analytics, alors que le volume mondial des opérations de buy-out a fait un bond de 81 % en séquentiel, pour atteindre 181 milliards de dollars, par rapport à un premier trimestre qui avait marqué son plus bas niveau en quatre ans. Le deuxième trimestre 2024 constitue même le meilleur pour les opérations de buy-out depuis le deuxième trimestre 2022, lorsque la Réserve fédérale avait commencé à relever ses taux d’intérêt au rythme le plus rapide depuis des décennies.

Ce rebond récent a été alimenté par le retour des banques sur le marché. Celles-ci ont recommencé à prêter, concurrençant ainsi les acteurs non bancaires qui se sont installés pendant leur absence. "Il a résulté une sorte de baisse furtive des taux, qui a permis d’améliorer les liquidités pour les négociateurs", explique également Pitchbook, même si la plupart des banques centrales ont maintenu leurs taux d’intérêt, à l’exception de la Banque centrale européenne (BCE).

 

Il manque encore un ingrédient

 

Avec la perspective que la Réserve fédérale américaine (Fed) se joigne bientôt au mouvement de la BCE, la poursuite de l’amélioration observée du marché des fusions et acquisitions se présente donc sous des auspices plutôt favorables, la baisse des coûts d’emprunt et des charges d’intérêt des acheteurs du private equity sensibles aux taux étant à même de conforter leur récent regain d’activité.

Un rebond des valorisations du non coté, encore très en retard par rapport à la hausse des indices boursiers, "serait l’ingrédient final d’une reprise plus durable et plus solide des fusions et acquisitions", estime Pitchbook. Une reprise en tout cas bien partie au vu du rebond enregistré à mi-parcours, d’autant que l’histoire montre que le marché des fusions et acquisitions a toujours su rebondir après deux années consécutives de baisses. A la différence, note le fournisseur de données, que "les deux épisodes précédents, 2007-2008 et 2001-2002, avaient enregistré des baisses totales de 60 % à 70 %, alors que le recul a été cette fois-ci de 34,5 % par rapport au pic de 2021". Ainsi, cela ouvre la voie selon lui "à une reprise plus modérée que lors des cycles de fusions et acquisitions précédents, étant donné que le ralentissement n’a pas été aussi sévère".

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