Macro-économie / Taux / Bruegel / europe / Etats-Unis / énergies propres
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Bruegel / europe / Etats-Unis / énergies propres
Course au renouvelable des deux côtés de l’Atlantique / L'Europe est loin d'être à la traîne
" L’Europe doit plus investir dans la transition écologique. Il ne peut pas y avoir une vraie stratégie européenne de décarbonation s’il n’y a que la réglementation et pas d’investissements ". Ce cri du cœur du président de la République Emmanuel Macron, il y a un peu plus d’un an, ne semble plus entièrement d’actualité à en croire le Transatlantic clean investment monitor réalisé par Bruegel et Rhodium.
Une comparaison qui tourne à l’avantage de l’Europe sur bien des points tant en matière de fabrication que de déploiement des technologies propres. Bruegel arguant qu’en ce qui concerne le déploiement, "l’Europe est en tête de l’adoption de l’éolien, du solaire et des véhicules électriques à batterie, bien que les États-Unis aient gagné du terrain sur l’Europe en 2023 dans les immatriculations de véhicules électriques, principalement en raison de la popularité croissante des véhicules hybrides rechargeables aux États-Unis et de la baisse de leurs ventes en Europe ". Un constat non négligeable puisqu’on y retrouve cité trois des quatre technologies propres clés, la dernière à se voir attribuer ce qualificatif étant l’hydrogène.
Avantage certain
Le Vieux continent peut également se targuer de succès en ce qui concerne la fabrication sur son sol. Il est annoncé devant son cousin américain pour les éoliennes, les électrolyseurs et également les onduleurs. Pour autant, l’Oncle Sam peut constater son avance sur les sujets de production de cellules et modules solaires ou bien celui des cellules de batterie.
Signe que la taille du marché ne fait pas tout, on constate que si "l’UE devance les États-Unis en termes de déploiement global de capacités solaires photovoltaïques et éoliennes", il s’avère que "la demande d’électricité est plus élevée aux États-Unis (4 350 térawattheures (TWh) en 2023) que dans l’UE (2 700 TWh), de sorte que cette différence de déploiement est encore plus marquée lorsqu’elle est considérée par rapport à la demande". Les chiffres sont éloquents avec 257 gigawatts (GW) de solaire photovoltaïque et 208 GW d’éoliennes qui étaient raccordés aux réseaux de l’UE, à la fin 2023, contre uniquement 136 GW de solaire photovoltaïque et 154 GW d’éoliennes aux États-Unis à cette date-là.
Longue haleine
Alors que l’importance des différences politiques est pointée comme un facteur clé de l’avenir, certaines marottes européennes semblent avoir payé puisqu’il est fait état qu’en matière d’éolien, "l’Europe possède une longue tradition d’expertise dans la fabrication d’éoliennes et de composants complémentaires. Cela se reflète dans les données actuelles sur la capacité de production".
Autant d’efforts qui pourraient être rendus vains si l’Union Européenne ne les maintenait pas dans le temps. La question de la fabrication de cellules de batteries semble en être un exemple avec des capacités qui étaient encore en 2021 2,3 fois supérieures en Europe à celles américaines. Depuis, ces dernières ont explosé voyant leur capacité de production tripler.
Double sens
Les États-Unis ne sont pas à l’abri d’un revirement de situation, il s’en est déjà produit un sur l’hydrogène. Sur cette question, il s’avère que "l’Europe a dépassé les États-Unis l’année dernière en termes de déploiement d’électrolyseurs, avec 384 MW de capacité installée, contre 269 MW". L’Europe y a connu une augmentation de 300 % de sa capacité entre 2021 et 2023, contre 33 % aux Etats-Unis.
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