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Les ventes de voitures électriques continuent de stagner / Les constructeurs européens risquent gros
En baisse pour le quatrième mois consécutif, le marché automobile français a vécu un véritable trou d'air en août. Les immatriculations de voitures particulières neuves en France ont chuté de 24,3% sur un an le mois dernier, selon les chiffres de la Plateforme automobile (PFA), qui rassemble la filière dans l'Hexagone. Les 85 977 de voitures neuves immatriculées en France le mois dernier se comparent ainsi aux 113 599 d'août 2023.
Le repli est tel que la reprise du début d'année est désormais totalement effacée. Au cours des huit premiers mois de l'année 2024, les immatriculations de voitures neuves en France se sont établies à 1 126 901 unités, en recul de 0,5% sur un an.
Mais au-delà de la santé générale du marché, il se confirme que l'électricité stagne. Les ventes de véhicules 100% électriques à batterie (appelés BEV pour Battery Electric Vehicle) ont représenté 15% des immatriculations en août en France, légèrement plus que le point bas de 14% touché au mois de juillet, mais un niveau très en deçà des 19% atteints en mars.
Sur huit mois, la proportion s'établit à 17%, soit la même que sur toute l'année 2023, ce qui signifie que l'on se dirige vers une année étale, alors que la proportion des véhicules électriques n'avait cessé de progresser dans les ventes depuis leur décollage en 2020, suivi d'une belle dynamique jusqu'à 2023.
Durcissement du seuil de CO2
Les immatriculations européennes ne montrent pas autre chose. Selon les derniers chiffres publiés fin août par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), les véhicules électriques ont représenté 12,1% du marché automobile de l'Union européenne (UE) en juillet, contre 13,5% un un plus tôt. Le bond observé en Belgique (+44,2 %) et la progression enregistrée aux Pays-Bas (+8,9 %) n'ont pas pesé lourd face au déclin de l'Allemagne (-36,8 %), où, rappelons-le, les subventions aux véhicules électriques ont été supprimées fin 2023 dans le cadre d'un tour de vis budgétaire.
Or, cette situation pourrait bientôt poser un problème de taille aux constructeurs face aux nouveaux quotas de CO2 qui se profilent l'année prochaine. En 2025, l'UE va en effet resserrer l'étau sur les émissions de CO2 des véhicules neufs. La norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy) va connaître un durcissement significatif, avec un seuil moyen à ne pas franchir pour les constructeurs fixés à environ 95 gramme de CO2 par km (g/km). Un niveau très bas, que même une simple citadine hybride dépasse, si bien que la proportion des véhicules électriques (qui émettent 0 g/km de CO2) dans les ventes va devenir cruciale.
Des milliards d'amendements potentiels
Les conséquences pourraient s'avérer coûteuses pour l'industrie automobile européenne, puisque tout retard par rapport à ce seuil aboutira à de très lourdes amendes atteignant 95 euros par gramme de CO2 excédentaire et par voiture vendue. Luca de Meo, le président de l'Acea et patron de Renault, a d'ailleurs alerté cet été que le coût pour les constructeurs européens des amendes liées au non-respect des normes CAFE pourrait dépasser les 10 milliards d'euros.
Avec des disparités selon les constructeurs. Les analystes d'UBS ont ainsi calculé que l'allemand Volkswagen pourrait subir un coût équivalent à 10% environ de son résultat opérationnel. De même, Renault serait confronté à un impact potentiel d'environ 9% sur son résultat opérationnel, que le constructeur français pourrait parvenir à limiter grâce à une offre de véhicules BEV renforcée par le lancement de sa nouvelle R5. " Pour Stellantis, BMW et Volvo, il ne devrait pas y avoir de dégradation significative des marges dues à la conformité CO2, et Mercedes-Benz ne devrait également subir qu'un impact mineur d'environ 2 %" , estime en revanche la banque.
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