WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Allemagne / croissance

Macro-économie / Taux
Allemagne / croissance

La croissance se refuse à l’économie allemande / Crises structurelle et conjoncturelle se superposent

Les plus prestigieux instituts de conjoncture allemands prévoient au mieux une stagnation de la première économie européenne en 2024, après qu’elle s’est contractée l’an passé. S'ils escomptent une reprise en 2025, ils avancent qu'elle sera plutôt poussive.
Olaf Scholz, chancelier fédéral d'Allemagne - KIRA HOFMANN - Photothek Media Labdpa Picture-Alliance via AFP
Olaf Scholz, chancelier fédéral d'Allemagne - KIRA HOFMANN - Photothek Media Labdpa Picture-Alliance via AFP

Les difficultés perdurent pour l’activité économique allemande. Après s’être contracté de 0,3% 2023, le Produit intérieur brut (PIB) ultra-rhénan devrait stagner en 2024, selon les prévisions des instituts Ifo, DIW et IWH. De son côté, l’Institut de Kiel anticipe un nouveau recul, à hauteur de 0,1%. 

"L'une des raisons importantes de cette situation est la détérioration à long terme des perspectives d'exportation, la part de l'Allemagne dans les exportations mondiales de biens ayant considérablement diminué", explique Oliver Holtemöller, directeur du département de macroéconomie et vice-président d’IWH. Les économies américaine et chinoise ont perdu de leur dynamisme et l'activité manufacturière mondiale reste faible, ce qui réduit à néant les espoirs d'une reprise vigoureuse tirée par les exportations.

La consommation des ménages n’affiche également guère une forme olympique, ce bien que l’inflation ralentisse. "Même le Championnat d'Europe de football n'a pas réussi à stimuler la consommation privée", déplore Geraldine Dany-Knedlik, directrice économique de DIW.

Dans le détail, le taux d'épargne a augmenté de 0,5 point de pourcentage au cours des deux derniers trimestres pour atteindre 11,3% du revenu disponible et se situe donc bien au-dessus de la moyenne des dix années précédant la crise pandémique (10,1%). De sorte que si le comportement d’épargne n’avait pas changé par rapport au dernier trimestre 2023, la consommation privée aurait pu augmenter de près de 1 % au premier semestre 2024 au lieu de stagner.

"L'économie allemande est de plus en plus confrontée à une crise qui n'est pas seulement cyclique, mais aussi structurelle", déclare, pour sa part, Moritz Schularick, président de l'Institut de Kiel. "Les coupes budgétaires de la coalition gouvernementale constituent un fardeau supplémentaire et le revirement des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) arrive trop tard pour l'Allemagne. De plus, les vieilles industries de base résistent au changement depuis trop longtemps et le débat sur l'asile empoisonne le dialogue sur la nécessité économique d'attirer des travailleurs qualifiés de l'étranger. Tant qu'il en sera ainsi, nous verrons nos possibilités de croissance s'amenuiser", juge-t-il. 

Au sein de l’institut Ifo, les chercheurs sont assez partisans de la thèse selon laquelle la première économie d’Europe est aux prises avec une crise de plus en plus structurelle. La décarbonation, la numérisation, les bouleversements démographiques, la pandémie, le choc des prix de l'énergie et le changement de rôle de la Chine dans l'économie mondiale mettent sous pression les modèles commerciaux établis et obligent les entreprises à adapter leurs structures de production. Or, “l'Allemagne est particulièrement touchée par ces changements par rapport à d'autres pays”, estime le rapport de l'Ifo. 

Selon l'ensemble de ces instituts, l'activité économique devrait reprendre du poil de la bête en 2025, ce en progressant de près de 1% par rapport à 2024. Chez DIW, on juge que les négociations collectives qui auront lieu à la fin de l'année dans le secteur public et dans les industries métallurgique et électrique devraient se traduire par une augmentation significative des salaires, ce qui devrait soutenir la consommation des ménages. En outre, l'institut de Kiel avance que la baisse des taux d'intérêt directeurs de la BCE devrait aider (il s'attend à une diminution de 150 points de base d'ici septembre 2025, à 2,25%).

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article