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Macro-économie / Taux / France / croissance / 2024

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France / croissance / 2024

France : une fin d’année compliquée pour la croissance / Une consommation poussive et un investissement atone

Par contrecoup de l’accélération de la croissance cet été en raison des Jeux Olympiques, le Produit intérieur brut (PIB) devrait se contracter entre octobre et décembre, selon l’Insee. Sous l’effet de la hausse du pouvoir d’achat, la consommation des ménages connaîtrait une timide reprise. L’investissement de son côté ne bénéficierait qu’à la marge de l’assouplissement monétaire de la BCE.
STEPHANE MOUCHMOUCHE - Hans Lucas via AFP
STEPHANE MOUCHMOUCHE - Hans Lucas via AFP

Après un été rayonnant, la croissance connaîtra un automne bien moins favorable. C’est le diagnostic réalisé par l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. Alors que le Produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 0,4 % entre juillet et septembre, en grande partie du fait des Jeux Olympiques, il pourrait reculer de 0,1 % au quatrième trimestre, d’après l’institut statistique. Si bien que sur l’ensemble de l’année 2024, la croissance devrait atteindre 1,1 %.

"Pour la fin d’année, les indicateurs avancés suggèrent une légère embellie sur le front de la consommation", considèrent les économistes de l’Insee. Dans le détail, " la confiance des ménages, bien que toujours en deçà de sa moyenne de long terme, se redresse depuis mi-2022, le climat des affaires dans l’industrie agro-alimentaire s’améliore nettement, signe d’une reprise possible de la consommation alimentaire, et les entrepreneurs de l’hébergement-restauration sont optimistes sur leurs perspectives de demande", peut-on lire dans la note.

L’investissement, lui, demeurerait en difficulté dans le cas des entreprises. " Il resterait pénalisé par les conditions de financement, par le redémarrage entravé de la demande dans la zone euro et par l’incertitude politique", juge l’Insee. Alors que la Banque centrale européenne (BCE) a commencé à diminuer ses taux d’intérêt directeurs en juin, cela ne devrait pas faire effet d’ici la fin décembre.

L’Insee rapporte que les signaux conjoncturels les plus récents sont mal orientés. En effet, dans l’industrie des biens d’équipement, le climat des affaires s’est établi à 94 points en août, soit un plancher depuis la pandémie. Par ailleurs, "la tendance prévue des investissements recule dans les services. En particulier, dans le secteur de l’information-communication, le climat des affaires est passé en dessous de sa moyenne de long terme en juillet 2024, pour la première fois depuis le printemps 2021". L’Insee rappelle que les investissements des entreprises françaises en logiciels ont fortement contribué à la croissance depuis la crise pandémique, or, ils "semblent se gripper".

Du côté des ménages, l’investissement se stabiliserait. "Leur investissement en logement neuf cesserait de reculer (traduisant avec retard la dynamique des mises en chantier), tandis que leur investissement en services, qui comprend les frais d’achat de logements anciens, se reprendrait un peu, porté par le rebond de la part des ménages ayant l’intention d’acheter un logement en juillet 2024. Dans ce secteur, la baisse des taux d’intérêt se diffuserait rapidement et favoriserait une timide reprise du marché immobilier", souligne l’Insee.

Le scénario de l’Insee implique que l’acquis de croissance atteindra 0,2 % fin 2024. Il s’agit du niveau qu’atteindrait la croissance du PIB en 2025, si le PIB se stabilisait à son niveau du quatrième trimestre 2024 pendant l’ensemble de 2025. Le gouvernement prévoit une croissance de 1,4 % en 2025 : pour atteindre cet objectif, il faudrait que l’activité économique progresse en moyenne de 0,5 % lors de chacun des quatre trimestres de l'année prochaine.

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