Macro-économie / Taux / gaz / France / énergies renouvelables / UE
Macro-économie / Taux
gaz / France / énergies renouvelables / UE
Le gaz paré à verdir le mix énergétique tricolore / Un mariage délicat entre réindustrialisation et sobriété
"Il est très clair que nous ne pouvons pas remplacer notre dépendance au pétrole ou au gaz par une dépendance à de la biomasse importée". Emmanuel Macron, président de la République, rappelait, en 2022, à quel point la place du gaz était importante dans le mix énergétique français tant sur le plan de la souveraineté que sur celui du climat. De longs mois après, les gestionnaires du réseau français publient leurs projections jusqu’à la fin de la décennie et en 2035.
Dans les temps
Un exercice qui les voit arguer que "la filière de production des gaz renouvelables et bas carbone est en mesure de mobiliser son potentiel afin d’accroître rapidement et significativement les volumes de gaz produits en France ". Les différents objectifs européens sont jugés atteignables que ce soit en termes de production d’énergie propre ou bien concernant les réductions des émissions de gaz à effet de serre dans un "scénario compatible avec les objectifs climatiques du planeuropéen Fit for 55 ".
Des chiffres sont avancés et évoquent notamment une "production de 60 TWh de gaz renouvelables et bas carbone (hors hydrogène) dès 2030" tout comme celui d’une baisse de "la consommation des 10 millions de clients gaz". Pourtant le train de la transition énergétique pourrait être sujet à des ralentissements tout comme il pourrait arriver bien plus vite à destination.
Injonctions contradictoires
Les trois acteurs reconnaissent néanmoins être soumis à des aléas pouvant "conduire à une moindre réduction des consommations de gaz". Parmi ces derniers sont évoqués pêle-mêle la disponibilité du parc nucléaire, l'accélération du déploiement des énergies propres en France et en Europe ou autre montée en puissance de l’appareil productif français.
Des chiffrages sont établis et évaluent pour 2030 chaque aléa l’un après l’autre ; ainsi "le retard dans le rythme de rénovation des bâtiments" est chiffré à 2 TWh, un développement de l’hydrogène contrarié coûterait 4 TWh et un "ralentissement de l’électrification industrielle, ou le passage à la biomasse solide " aurait un effet délétère de l’ordre de 8 TWh.
Des bonnes nouvelles pour d’autres pans de l’économie signifieraient quant à elles un besoin de gaz plus important, il est ainsi avancé que 12 TWh supplémentaires seraient nécessaire en cas de "succès industriel relatif à la relocalisation de l’industrie française". La seule contrariété qui serait de taille supérieure se trouve être un "aléa dans le développement des capacités de production d’électricité bas carbone ". Autant d’évènement potentiels qui diminueraient la place des énergies renouvelables dans le mix énergétique, la présentation du rapport ayant précisé que "la variable d’ajustement face à ces aléas n’est pas composé de gaz vert".
Nouvelle règle
Interrogé sur les bouleversements sur le plan politique en cours, les représentants des gestionnaires de réseaux se sont contentés d’indiquer qu’ils seraient vigilants à "ce nouveau gouvernement, qui va devoir sortir un nouveau projet bas carbone ". Ils étaient revenus précédemment sur les combats qu’ils mènent concernant la taxonomie, notamment pour marteler qu’il faut "s’assurer que la consommation de gaz vert soit bien considérée comme telle". Les effets désincitatifs étant désastreux lorsque cela n’est pas le cas.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

