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géopolitique; dollar; actifs

Macro-économie / Taux / or / métaux / Demande mondiale / investisseurs

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Le métal jaune fait fi des vents contraires / Les investisseurs en sont toujours plus friands

Les cinq dernières années ont vu le cours de l’or doubler, une période durant laquelle certains éléments tels que l’incertitude géopolitique croissante ont été de nature à renforcer l'attrait des investisseurs vers cet actif. A contrario, d’autres tels qu’un dollar fort ou une inflation déclinante ont contribué à faire pression à la baisse sur le métal roi.
Lingots d'or. Photo by Alexander Manzyuk / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Lingots d'or. Photo by Alexander Manzyuk / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Qui saura arrêter la hausse de l’or ? Ce dernier vole de record en record ces dernières semaines et les éléments à même de freiner cette course folle ne semblent pas produire l’effet escompté. D’autant plus que les raisons à même de pousser les investisseurs dans les bras de ce placement ne manquent pas.

Il faudra probablement attendre l’année prochaine pour voir un changement de dynamique, le géant des matières premières Macquarie évoque la possibilité d’un pic à 3 000 dollars l’once en début d’année prochaine, tout en restant prudent. Il est ainsi question qu’au milieu d’une "toile de fond […] structurellement positive pour l’or, on peut dire que beaucoup de choses sont déjà dans le prix, avec la possibilité que des vents contraires cycliques émergent plus tard l’année prochaine".

 

L’histoire ne se répète pas

 

Un récent billet sur le blog de la Banque de France s’est livré à un exercice d’énumération de ces facteurs censés favoriser une baisse du cours de l’or. Les auteurs notent ainsi qu’à compter de 2022, "le dollar s’est apprécié en raison de la vive reprise américaine qui a entraîné une forte accélération de l’inflation, contraignant la Fed à durcir rapidement sa politique monétaire". Pourtant, la hausse du taux d’intérêt réel associé n’a pas détourné les investisseurs d’un placement n’offrant pas de rendement. Un constat d’autant plus marquant que le taux d’intérêt réel était auparavant en territoire négatif, ce qui pouvait alors légitimer une prime pour les placements en or qui aurait dû disparaître en 2023, lors de son retour en territoire positif.

Etrangement, l’indicateur avancé que constituent les montants investis dans les ETF en or semble ne pas fonctionner ces derniers mois, alors que l’encours mondial est signalé à la baisse de début 2023 à mai 2024. Un constat nuancé par les statistiques du World Gold Council de cet été, dont nous nous faisions l’écho, puisque les ETF aurifères mondiaux ont connu en juillet "leur plus fort mois depuis avril 2022, attirant 3,7 milliards de dollars en juillet […] toutes les régions ont connu des afflux, les fonds occidentaux étant en tête".

 

Eaux troubles

 

Régulièrement avancé comme favorisant l’appétit pour le métal jaune, les troubles géopolitiques sont évoqués par Global Sovereign Advisory (GSA) comme continuant "de croître, de l’Ukraine à Taïwan, en passant par le Moyen-Orient, et poussent les investisseurs à posséder une part croissante d’or pour se couvrir de ces risques en cascades". Un constat en partie infirmé par le blog de la Banque de France, qui argue que "si les risques géopolitiques se sont accrus à l’échelle mondiale, l’aversion au risque sur les marchés financiers mesurée par la volatilité des actions se situe à un étiage (exception faite du pic de volatilité du 5 août 2024, qui a très rapidement corrigé)".

Du côté du cabinet de conseil aux gouvernements, on note également des phénomènes nouveaux provenant notamment "des ménages chinois, qui achètent une quantité record de métal jaune, sous forme de joaillerie mais aussi, de plus en plus sous forme d’or d’investissement (pièces et lingots), en raison d’un effet de report lié à la crise immobilière que traverse le pays et aux mauvaises performances du marché actions chinois". Le billet de blog évoque quant à lui des ménages indiens ayant vu leur demande d’or, hors joaillerie, progresser de 19 % en le premier trimestre 2023 et 2024 là où en Chine cette hausse est de l’ordre de 68 %.

 

Banques inquiètes

 

Les Banques centrales et particulièrement celles des pays émergents ne sont pas en reste. Pour les auteurs issus de l’institution publique, on voit ces flux comme traduisant "une forme de diversification par rapport aux actifs libellés en dollar, soit pour des raisons macroéconomiques soit pour des raisons géopolitiques (‘ dédollarisation ‘)". La suprématie du dollar roi n’est pas encore terminée, il n’en demeure pas moins que "sa part dans les réserves des banques centrales a reculé à 59 %, au plus bas sur 25 ans".

GSA rapporte que les achats d’or des banques centrales "représentent un peu moins du quart de la demande mondiale depuis 2022 ", ce essentiellement par le canal des émergents et plus précisément asiatiques "parmi lesquels la Chine (316 tonnes depuis début 2022), la Turquie (194 tonnes), l’Inde (92 tonnes) et Singapour (75 tonnes), mais aussi les banques centrales moyen-orientales et nord-africaines (Qatar, Irak, Libye, Égypte, Émirats arabes unis, Jordanie) et de la CEI (Russie, Ouzbékistan, Kirghizistan)".

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