Macro-économie / Taux / dépendance / souveraineté / Chine / UE
Macro-économie / Taux
dépendance / souveraineté / Chine / UE
Les dépendances européennes sont loin d’avoir disparu / Le Vieux continent reste très largement exposé à la Chine
"L’Europe était trop poussée par l’approche marchande […] et nous n’avons pas assez accordé d’attention à notre sécurité économique". Posé par Emmanuel Macron, le président de la République, il y a plus d’un an, ce constat semble autant partagé par les gouvernants européens qu’il demeure un vœu pieux. Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) dévoile aujourd’hui une publication dédiée à la question de la dépendance de l’Union européenne (UE) à la Chine et le problème semble toujours intact.
Les différentes données sur les importations par produit font état d’un constat saisissant, celui d’une "dépendance de l’UE vis-à-vis de la Chine [qui] s’est accrue entre 2019 et 2022", et ce en raison "à la fois d’une augmentation du nombre de dépendances européennes vis-à-vis de la Chine et d’une réduction du nombre de dépendances chinoises vis-à-vis de l’UE".
Revers de la médaille
La relation entre les deux géants économiques n’est en effet pas à sens unique, certes il est souligné que "la Chine se distingue par son faible nombre de produits dépendants " pourtant cela veut bien dire qu’il en existe. L’interdépendance est d’ailleurs assez forte avec un Empire du Milieu qui "est trois fois plus exposé à l’UE qu’aux États-Unis ". Pour le CEPII cela indique que "cette vulnérabilité potentielle (de l’UE) est en partie compensée par le fait que l’UE est le principal fournisseur de la Chine pour un quart de ses 47 produits dépendants des importations".
Le point saillant de l’analyse de l’institution est de constater que les initiatives mises en œuvre par "la Commission von der Leyen dans le cadre de sa stratégie à l’égard de la Chine, notamment la politique industrielle (loi sur les puces, stratégie sur l’hydrogène, stratégie pharmaceutique, projets importants d’intérêt européen commun, etc.) et les restrictions à l’importation (loi sur les matières premières essentielles, droits antidumping et compensateurs) n’ont pas encore déclenché de changement de tendance ". Tout en reconnaissant qu’il faut du temps pour que ces mesures produisent leur effet, l’inquiétude est de mise concernant de possibles discordes entre Etats membres qui empêchent l’UE de faire front commun. Le projet de taxe européenne sur les véhicules électriques chinois nous en donne un exemple récent.
Se rassurer
La comparaison avec la situation japonaise et américaine permet de mieux cerner les particularités européennes, certes on relèvera que les "sources de dépendances sont communes aux quatre pays et se situent dans quatre secteurs : la chimie, l’électronique, la pharmacie et l’industrie sidérurgique" et pourtant même si "la prise en compte des interdépendances entre pays atténue ces déséquilibres, (elle) ne les annule pas".
Les experts du Centre d’études prospectives et d’informations internationales ne placent pas pour autant le Vieux en continent en victime totale du commerce international. Ils en viennent notamment au constat que "la Chine est le seul pays qui fournit plus de produits stratégiques à l’UE que l’UE ne lui en fournit". Ces relations bilatérales auraient le côté positif de limiter le risque de frictions géopolitiques puisque chaque partie aurait trop à y perdre. Ainsi si l’Europe a un niveau de dépendance à l’usine du monde qui est similaire au Japon ou aux États-Unis, elle tire profit du fait qu’elle soit "un fournisseur important de produits dépendants, y compris pour la Chine ".
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