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Macro-économie / Taux / PMI / europe

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PMI / europe

L’économie européenne connaîtrait un recul à l’ampleur inédite en huit mois / Fin des JO et marasme manufacturier se mêlent

En septembre, l’activité économique privée de la zone euro se serait contractée, d’après l’enquête mensuelle de S & P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI). Ce n’était plus arrivé depuis février. De bonnes nouvelles sont toutefois à noter du côté de l’inflation.
Usine chimique en Allemagne - GEORG WENDT / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Usine chimique en Allemagne - GEORG WENDT / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

L’été ne se finit pas de la plus belle des manières pour l’économie européenne. L’activité du secteur privé de la zone euro aurait reculé en septembre, d’après l’enquête mensuelle de S & P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI). L’indice PMI Composite, calculé sur la base de sondages d’entreprises du secteur manufacturier et des services, est tombé à 48,9 points, après 51 points en août. Il se situe ainsi sous la barre des 50, ce qui est synonyme d’une contraction. C’est la première fois en sept mois que cela arrive.

Dans le détail, le secteur des services a enregistré de justesse une légère croissance de son activité en septembre qui fut la plus faible depuis février (50,5 points après 52,9 en août).

Cela reflèterait la fin de l’embellie observée en France au cours de l’été 2024 grâce aux Jeux olympiques de Paris, d’après l’enquête. "L’affaiblissement de la conjoncture dans la deuxième puissance économique de la région a fait chuter l’indice sous le seuil d’expansion, et les fortes baisses du volume global des nouvelles affaires et du volume des affaires en cours observées au cours du mois préfigurent de nouveaux ralentissements économiques dans les prochains mois", explique Cyrus de la Rubia, chef économiste de la Hamburg Commercial Bank.

De son côté l’industrie manufacturière apparaît enferrée dans les difficultés, notamment en Allemagne. L’indice PMI manufacturier de la zone euro s’affiche à 44,8 points après 45,8 en août. Les indices PMI "suggèrent que l’Allemagne s’enfonce davantage dans la récession", souligne Andrew Kenningham, économiste chez Capital Economics. "Le fort recul du volume des nouvelles commandes reçues par les fabricants de la zone euro et l’affaiblissement des perspectives d’activité à douze mois ne permettent guère d’espérer une reprise prochaine de la croissance dans le secteur", prévient Cyrus de la Rubia.

Cela pourrait ne pas être sans conséquence sur le marché du travail. Au niveau agrégé, les entreprises disent réduire leurs effectifs, ce pour un deuxième mois consécutif. S’il est faible, le recul de l’emploi signalé au cours du mois a été le plus fort depuis décembre 2020. "Les chiffres officiels de l’emploi, qui sont restés stables jusqu’à présent, risquent, selon nous, de se dégrader au cours des prochains mois, mais de façon probablement moins prononcée qu’au cours des périodes de récession précédentes, grâce aux tendances démographiques actuelles", juge Cyrus de la Rubia

Cette enquête révèle néanmoins un élément positif : l’évolution de la situation sur le front des prix. D’une part, le taux d’inflation des prix payés dans l’ensemble du secteur privé s’est nettement replié par rapport au mois précédent, affichant ainsi son plus bas niveau depuis novembre 2020. De sorte que les prix facturés n’ont que légèrement augmenté en septembre, enregistrant leur plus faible progression mensuelle depuis février 2021. Cela proviendrait du fait qu’il y a eu une première diminution des prix des intrants depuis quatre mois dans le secteur manufacturier, tandis qu’on observe la plus faible hausse des coûts depuis trois ans et demi dans le secteur des services.

"Cette évolution sera rassurante pour la Banque centrale européenne (BCE)", estime Andrew Kenningham. L’indice PMI des prix des intrants se situe désormais à des niveaux qui, par le passé, ont coïncidé avec des réductions de taux d’intérêt. Le marché estime désormais à 40 % les chances d’une réduction des taux par la BCE lors de la prochaine réunion du 17 octobre, contre 25 % vendredi.

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