Sur les marchés / Fnac Darty / OPA / unieuro / Daniel Kretinsky
Sur les marchés
Fnac Darty / OPA / unieuro / Daniel Kretinsky
Fnac Darty a finalement mené son OPA sur Unieuro à bien / Avec le soutien de son actionnaire Daniel Kretinsky, le groupe avait préparé le terrain
L'objectif de l'offre publique d'achat (OPA) a été atteint. Fnac Darty est désormais propriétaire de 71,5 % d’Unieuro, l’homologue italien de Darty, à la suite de l’apport de 67,1 % de son capital par ses actionnaires. Cumulé à la participation de 4,4 % qui était déjà détenue par l’enseigne, cet apport lui permet d'avoir dépassé la condition de seuil minimal de 66,67 % qui avait été ciblée. Il faut dire que le groupe, avec l’appui de son actionnaire Daniel Kretinsky, était bien déterminé à mener l'OPA à son terme. Déjà, au mois d’octobre, il avait annoncé réviser cette dite condition de seuil minimal, qui avait au départ été fixée à 90 %. Une manière d’illustrer leur volonté de mettre en œuvre cette opération avec succès, avait-il alors été précisé. Les termes ? Une valorisation de 9 euros en numéraire par titre ainsi que de 0,1 action Fnac Dary, soit 12 euros par action Unieuro. Cela valorise l’intégralité de l’entreprise à 249 millions d’euros.
Pour Fnac Darty, les intérêts sont multiples. L’OPA lui permettre de prendre racine en Italie (Unieuro possède 17 % de parts de marché dans le pays) et de commencer à consolider son secteur. À l’annonce de l’offre cet été, il était prévu que ce raprochement représente plus de 20 millions d’euros de synergies opérationnelles en année pleine. L’entité combinée devrait aussi réaliser plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, regrouper 30 000 collaborateurs et 1 500 magasins. "Une réouverture de la période d’offre est attendue entre le 4 et le 8 novembre, ce qui donnerait à d’autres actionnaires l’occasion d’apporter leurs titres à l’offre. Nous sommes très enthousiastes et impatients à l’idée de travailler avec les équipes d’Unieuro dès que les autorisations réglementaires auront été obtenues", a souligné le directeur général de Fnac Darty, Enrique Martinez.
D’autres changements
De fait, à la veille de la clôture de l'OPA, Fnac Darty annonçait également lever la condition d’autorisation relative à la procédure antitrust, alors que la Commission européenne venait de donner un premier feu vert à l’opération, en autorisant le groupe à notifier formellement le projet d’acquisition, puisqu’aucun sujet de concurrence n’a été identifié au cours de la phase de pré-notification. "En conséquence, il est improbable que l’opération soit rejetée ou soit conditionnée à des mesures correctives dans le cadre de l’examen formel de l’opération par la Commission européenne. Tel qu’indiqué dans le document d’offre, les offrants se réservent, en tout état de cause, le droit de renoncer à, ou de modifier en tout ou en partie, dans la mesure permise par les dispositions réglementaires et législatives applicables, une ou plusieurs des autres conditions suspensives de la condition d’autorisation, à leur discrétion", expliquait alors Fnac Darty.
D'autant que la partie ne semblait pas gagnée d’avance. Déjà, le prix de l’offre n’avait pas permis au conseil d’administration de dégager une unanimité à son sujet. Les fondateurs d’Unieuro avaient aussi exprimé, dans la presse, leur réticence quant à la valorisation du groupe qu’il fait ressortir. Chez Fnac Darty, la ligne de conduite était restée claire : le prix proposé représente "une opportunité unique pour les actionnaires d’Unieuro de bénéficier d’une proposition de valeur attractive", a-t-il été répété à plusieurs reprises. Il dégage en effet une prime de 42 % par rapport au cours de référence de l’action Unieuro. Reste que dans ces conditions, à la veille de la clôture de l’offre, les apports (cumulés à la participation de Fnac Darty existante) ne représentaient qu'environ 41 % du capital d’Unieuro. La marche restait donc haute avant d’atteindre les 66,67 %. "Les actionnaires ont jusqu’à demain, 25 octobre, à 17h30 pour apporter leurs titres, le dernier jour étant généralement très dynamique", avait fait savoir Enrique Martinez.
Succès en demi-teinte ?
Effectivement, la dernière journée d’OPA, qui sera donc suivie d’une réouverture au début du mois de novembre à des conditions inchangées, aura finalement bien permis au groupe d’atteindre ses objectifs. Pour mémoire, elle a été lancée conjointement par Fnac Darty et Ruby Equity Investment, société affiliée à Vesa Equity Investment, holding de Daniel Kretinsky. Dans l’idée, les deux entités devraient en créer une autre, qui détiendra la participation dans Unieuro. Elle sera détenue à 51 % par Fnac Darty, le reste reviendra à Ruby.
Si ce "succès de justesse", commente ce matin le cabinet d'analystes TP Icap Midcap, pourra se renforcer dans les temps à venir, il semblerait néanmoins que les résultats préliminaires de l’offre n’aient pas ravi les opérateurs de marché. En recul depuis l’ouverture de la séance, le titre Fnac Darty décrochait de près de 4,5 % en début d'après-midi.
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