Macro-économie / Taux / NGFS / risques financiers / PIB
Macro-économie / Taux
NGFS / risques financiers / PIB
Un pas de plus pour la compréhension du risque climatique pour le secteur financier / Le NGFS en a produit une mesure plus fine
Peur sur le système financier. Le réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) rend le champ des possibles nettement plus inquiétant concernant les risques climatiques. Une cinquième édition des scénarios macro-financiers climatiques à long terme de l’institution, touchant aux évaluations prospectives des risques climatiques, qui laisse à penser que le futur pourrait voir des dégâts physiques plus importants que prévus avec les effets en cascade possibles.
Sabine Mauderer, la présidente du NGFS et première vice-gouverneure de la Deutsche Bundesbank, en résume effectivement la teneur en arguant que "la nouvelle version [des scénarios] estime que les pertes de PIB d'ici 2050 pourraient être deux à quatre fois plus importantes que les estimations précédentes". Les efforts consentis ou non ne modifieraient que l’ampleur des dégâts possibles en proportion du PIB, avec un scénario "politiques actuelles" où il était auparavant fait état de 5 % et désormais de 15 %, ou bien dans celui Net Zero 2050 où cela passe de 2 % à 7 %.
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Le détail des calculs ayant permis d’aboutir à ce constat alarmant est en partie dévoilé par Livio Stracca, président du groupe de travail "Analyse de scénarios et de conception" du NGFS et directeur général adjoint de la stabilité financière à la Banque centrale européenne. Ce dernier évoque un manque d’ambition politique créant "un cercle vicieux : l’augmentation des coûts des politiques d’atténuation complique leur mise en œuvre, ce qui entraîne de nouvelles émissions non réduites, des dommages climatiques et nécessite donc des politiques futures plus ambitieuses".
Les pertes économiques provenant du réchauffement climatique sont donc amplifiées par une modélisation avancée du risque physique, permise grâce à des progrès en économie climatique. Tout en soulignant les limites potentielles du modèle, il est martelé par l’institution que tout les scénarios étudiés "montrent également que le changement climatique devient un facteur de premier ordre pour nos économies."
Les deux sens
Les équipes du NGFS profitent de la publication pour évoquer leur "détermination" à participer à la construction d’un système financier tant résilient que durable. Tout en soulignant que seule une "transition rapide et coordonnée sera nettement moins coûteuse que les impacts négatifs d’un changement climatique incontrôlé sur le PIB". Elles n’en évoquent pas moins des possibilités pouvant jouer à la hausse ou à la baisse sur les dégâts.
Il est ainsi argué qu’il est possible que la fonction de dommage ne prenne pas suffisamment en compte le chevauchement des pertes économiques, dues aux divers risques et donc in fine surestimer certaines pertes. Il est également question du fait que les "scénarios actuels du NGFS ne tiennent pas compte des mesures d'adaptation climatique à long terme, de certains phénomènes climatiques (par exemple les points de basculement), des impacts socio-économiques indirects (par exemple les migrations) et de certaines autres sources de risque (par exemple les risques liés à la nature)". Autant d’angles morts pouvant faire que les effets économiques du changement climatique soient encore plus graves que ceux anticipés pour l’heure.
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