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Fed : le résultat de l’élection américaine n’aura pas d’impact (à court terme) sur ses décisions / Jerome Powell ne veut pas spéculer
Aux États-Unis, l’évolution de la situation politique ne devrait pas influencer la Réserve fédérale américaine (Fed), au moins à court terme. C’est le message qu’a souhaité envoyer Jerome Powell, président de la Fed, lors de sa conférence de presse.
À l’issue de sa réunion s’étant tenue mardi et mercredi, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale américaine a choisi de baisser le taux d’intérêt directeur de 25 points de base. Il s’établit désormais entre 4,50 % et 4,75 %, après avoir déjà été abaissé de 50 points de base en septembre, ce qui fut le premier mouvement dans ce sens depuis le début de la crise inflationniste en 2021. “Ce nouveau recalibrage de notre politique contribuera à maintenir la vigueur de l’économie et du marché du travail et continuera à permettre de nouveaux progrès en matière d’inflation à mesure que nous nous rapprochons d’une position plus neutre au fil du temps”, a déclaré Jerome Powell.
À la suite de son propos liminaire qui ne contenait aucune mention des conséquences du résultat de l’élection présidentielle américaine qui a vu Donald Trump être élu, le patron de la Fed a évidemment été immédiatement interrogé sur la question. Plus précisément sur les retombées concernant le pilotage des taux d’intérêt dans le cadre d’un cycle amorcé de baisse du taux d’intérêt directeur. Pour mémoire, plusieurs mesures politiques inscrites dans le programme de Donald Trump pourraient influer à la hausse sur l’inflation : l’augmentation des droits de douane, le creusement du déficit public lié notamment à la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés ou encore les restrictions à l’immigration qui pourraient doper la croissance des salaires nominaux.
“Permettez-moi de dire qu’à court terme, les élections n’auront aucune incidence sur nos décisions. Comme vous le savez, l’économie est affectée par de très nombreux facteurs et toute personne qui rédige des prévisions dans le cadre de son travail vous dira qu’il est très difficile de prévoir l’évolution de l’économie au-delà du très court terme”, a d’abord indiqué le grand argentier.
"En l’occurrence, nous ne connaissons ni le calendrier ni le contenu des changements de politique. Nous ne savons donc pas quels seront les effets sur l’économie, en particulier si et dans quelle mesure ces politiques auront une incidence sur la réalisation de nos objectifs en matière d’emploi maximum et de stabilité des prix", a-t-il précisé. "Nous ne devinons pas, nous ne spéculons pas et nous ne supposons pas", a insisté Jerome Powell.
"En principe, il est possible que les politiques de n’importe quelle administration ou les politiques mises en place par le Congrès aient des effets économiques qui, au fil du temps, auraient une incidence sur la poursuite des objectifs de notre double mandat. Ainsi, avec d’innombrables autres facteurs, les prévisions de ces effets économiques seraient incluses dans nos modèles et seraient prises en compte par ce biais", a prévenu le banquier central.
Le FOMC se réunira les 17 et 18 décembre et devrait décider d’une nouvelle diminution du taux d’intérêt directeur de 25 points de base, c’est en tout cas ce qu’anticipe le marché. À l’issue de cette réunion, la Fed actualisera ses dots, c’est-à-dire la trajectoire future du taux directeur que chaque participant au FOMC juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Il sera intéressant d’examiner dans quelle mesure elle aura été amendée depuis septembre. Pour mémoire, à la fin de l’été, quatorze des dix-neuf membres du FOMC s’attendaient à ce que le taux directeur se situe au maximum entre 3,25 % et 3,50 % fin 2025. La projection médiane était de 2,9 % fin 2026 et fin 2027.
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