Dirigeants, gouvernance / Vinci / concessions / Autoroutes / Nicolas Notebaert
Dirigeants, gouvernance
Vinci / concessions / Autoroutes / Nicolas Notebaert
Nicolas Notebaert aux manettes de l’ensemble des concessions de Vinci / Et donc du dossier des autoroutes françaises
Les rênes des concessions de Vinci sont désormais tenues par un seul et même patron. Nicolas Notebaert, qui était déjà le directeur général de Vinci Concessions, voit son périmètre s’élargir. Alors qu’il avait la charge du pôle concessions du groupe (Vinci Airports, Vinci Highways, Vinci Railways et plusieurs partenariats publics-privés), il chapeautera désormais également les autoroutes françaises et Vinci Stadium. Pierre Coppey ayant présenté sa démission des sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) qui composent Vinci Autoroutes - soit ASF, Cofiroute, Escota, Arcour et Arcos -, Nicolas Notebaert en prend aussi la présidence. Il rapporte à Pierre Anjolras, le directeur général opérationnel de Vinci, ayant été nommé à ce poste dans le cadre de la mise en œuvre du plan de succession de Xavier Huillard, le président-directeur général du groupe. Pour mémoire, son mandat de directeur général arrivera à son terme à l'issue de la prochaine assemblée générale de Vinci, mais il conservera la présidence du conseil d'administration.
Les sujets qui incombent à sa nouvelle fonction, Nicolas Notebaert les pratique depuis longtemps. Entré dans le groupe en 2002 comme chef du département exploitation de Cofiroute, cet ingénieur polytechnicien a rejoint Vinci Concessions en 2004, en tant que directeur du développement France. C’est en février 2008 qu’il aura été promu à la présidence de Vinci Airports, désormais premier opérateur privé dans le monde, avant d’intégrer le comité exécutif de Vinci en 2016, lorsqu’il fut nommé directeur général de Vinci Concessions.
Des échéances qui arrivent
"Cette nomination offre une meilleure lisibilité de l’organisation du groupe et permettra le renforcement des synergies entre les entreprises concessionnaires de VINCI", explique l’entreprise. La branche d’activité représentait 5,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires au titre du premier semestre de 2024 (sur 33,8 milliards d'euros au total) pour un Ebitda de 3,6 milliards d’euros (sur 5,7 milliards d'euros) soit une marge correspondante de 67,2 %. Une activité donc capitale pour Vinci et aux enjeux à multiples facettes, puisqu’ils couvrent notamment la question délicate des autoroutes françaises, qui seront donc désormais incarnées par Nicolas Notebaert.
Vinci gère aujourd’hui 4 443 kilomètres de réseau, soit une très grande partie des 9 310 kilomètres d’infrastructures routières concédées par l’État. Les contrats de Vinci arriveront à échéance à partir de 2034 et un renouvellement (dans d’autres termes) semblerait, selon un rapport sénatorial récent, être la meilleure des options. La négociation de nouveaux contrats pourrait donc se mener sous la houlette de Nicolas Notebaert, mais en attendant, dans le cadre de la préparation de la fin de ceux en cours, d’autres rendez-vous entre l’État et les SCA arriveront rapidement. Dont certains aux enjeux financiers significatifs.
Il y a notamment celui des investissements dits "de seconde génération", soit les opérations d’investissements prévues dans les contrats et financées par les péages, déjà réalisées ou non à date par les SCA, pointait le rapport du sénateur Hervé Maurey rendu public à la fin du mois d'octobre. "(...) Il reste à déterminer précisément les investissements pour lesquels il peut être considéré qu’une compensation a déjà été contractualisée, et ceux pour lesquels aucune compensation n’a été expressément prévue (sous forme de hausse de péage, de subvention ou sous toute autre forme, comme l’emploi de reliquats d’opérations abandonnées). Ceci permettra de conclure sur le périmètre exact des investissements qui sont, ou non, exigibles sans compensation supplémentaire", expliquait l'Autorité de régulation des transports (ART) au sénateur. D'après les éléments recueillis par le rapporteur au regard de différents avis, ces investissements pourraient représenter de 1 à 5 milliards d’euros.
Sans délai
"Aussi, le rapporteur recommande-t-il à l’État de réaliser sans délai un recensement de l’ensemble des investissements prévus dans les contrats de concessions et déjà financés par les péages puis de s’assurer qu’ils soient effectivement réalisés par les concessionnaires ou, le cas échéant, remplacés par d’autres investissements plus pertinents, notamment en lien avec la transition écologique des infrastructures autoroutières", explique le rapport. Si la suite se prépare, les accords qui lient les SCA et l’État pour l’heure auront aussi provoqué quelques nouvelles étincelles l’an passé.
En cause, notamment : la nouvelle taxe sur les infrastructures de transport de longue distance, logée dans la loi de finances de 2024, dont les exploitants des autoroutes et aéroports français devront s'acquitter cette année. Si le Conseil constitutionnel l’a entérinée, Vinci ne devrait pas en rester là, expliquait déjà Xavier Huillard à ses actionnaires en avril dernier. La suite se jouera en effet devant le Conseil d’État, puisque les SCA comptent faire valoir leurs droits à leur clause de stabilité fiscale. Pour l’heure, la taxe devrait entraîner une stagnation relative du résultat net de Vinci en 2024, puisqu’elle représentera 280 millions d’euros pour le groupe.
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