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Finances publiques / Allemagne

Allemagne : les Sages préconisent de lâcher du lest sur le terrain budgétaire / Ne plus tourner le dos aux dépenses d’avenir

Le Conseil des sages allemands, un groupe d’économistes chargés de conseiller le gouvernement ultra-rhénan, se désole que la première économie européenne investisse si peu dans l’éducation, la défense et les infrastructures de transport. L’instance recommande de réformer le « frein à l’endettement ».
Veronika Grimm, membre du Conseil des sages - UTE GRABOWSKY - Photothek Media Labdpa Picture-Alliance via AFP
Veronika Grimm, membre du Conseil des sages - UTE GRABOWSKY - Photothek Media Labdpa Picture-Alliance via AFP

"Le frein à l’endettement vise à éviter que les générations futures soient accablées par une dette publique excessive. Cependant, les générations futures peuvent également être accablées par des dépenses d’avenir insuffisantes et un entretien inadéquat des infrastructures". Le Conseil des Sages allemands, un groupe d’économistes chargés de conseiller le gouvernement ultra-rhénan, sonne l’alarme sur la question des finances publiques.

Plus précisément, la première économie européenne investirait insuffisamment dans les infrastructures de transport, l’éducation et la défense, selon Monika Schnitzer, Veronika Grimm, Ulrike Malmendier, Achim Truger et Martin Werding, membres du Conseil des Sages.

"Dans ces trois domaines, le retard en matière de dépenses est considérable. Les hommes politiques ont plutôt tendance à privilégier les mesures et les dépenses qui profitent à l’électorat actuel. Les dépenses publiques orientées vers l’avenir ont tendance à être négligées, car leurs bénéfices ne se matérialisent qu’à long terme", jugent les Sages.

L’Allemagne dépense, chaque année, l’équivalent de 1 % de son Produit intérieur brut (PIB) dans la défense contre 1,3 % en moyenne pour les pays de l’Union européenne (UE). Le chiffre atteint 4,5 % pour l’éducation (contre 4,8 % dans l’UE) tandis qu’elle dépense autant que la moyenne des Vingt-Sept concernant les transports.

"L’infrastructure obsolète de l’Allemagne limite considérablement le transport de marchandises et de passagers et entrave le développement économique", indiquent les Sages, qui notent qu’en matière d’éducation, "l’Allemagne obtient des résultats plus mauvais que jamais dans les études comparatives internationales".

L’un des leviers que recommande de mobiliser l’organisme a trait au "frein à l’endettement" (Schwarze null). Pour mémoire, mis en place dans la foulée de la crise financière mondiale en août 2009, il implique que chaque année, hors choc exceptionnel comme la crise pandémique, le déficit structurel (solde ajusté des effets de la conjoncture) de l’Allemagne ne doit pas dépasser 0,35 % du PIB au niveau fédéral. Le respect de ce "frein à l’endettement" a permis à la première économie du Vieux continent de faire baisser son ratio dette publique sur PIB de 22 points en l’espace de neuf ans (elle représentait 59,6 % du PIB en 2019).

Dans le détail, les Sages estiment que la limite réglementaire pour le déficit structurel annuel devrait être modulée en fonction du ratio d’endettement. Elle pourrait être aménagée de manière à autoriser des déficits structurels plus élevés qu’actuellement lorsque le ratio d’endettement est faible. Ainsi, "un déficit structurel de 0,5 % du PIB serait possible pour un ratio d’endettement inférieur à 90 % du PIB, et même un déficit structurel de 1 % du PIB maximum pour un ratio d’endettement inférieur à 60 % du PIB. Si le ratio d’endettement est supérieur à 90 % du PIB, le déficit structurel ne dépasserait pas 0,35 % du PIB, comme c’est le cas actuellement", proposent-ils. En 2024, le taux d’endettement public de l’Allemagne devrait s’établir à 63 %, puis 64 % en 2025, après un pic à 68,1 % en 2021.

Selon les simulations des Sages, le cadre réglementaire actuel du frein à l’endettement prévoit toutefois une nette baisse du taux d’endettement en dessous de 60 % du PIB dans les prochaines années. "La limite de déficit du frein à l’endettement est donc plus stricte que nécessaire pour assurer la soutenabilité de la dette publique et respecter les critères de Maastricht", font-ils remarquer, notant que leurs modèles suggèrent que même dans le cadre de l’assouplissement proposé, le taux d’endettement devrait continuer sa décrue à moyen terme.

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