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Premiumisation et innovation parmi les clés de la croissance future de Thales / Un portefeuille renforcé dans la Tech qui doit servir toutes les activités du groupe

Fort d’un portefeuille qui a vu, ces dernières années, son activité Cyber & Digital se développer fortement, et grâce à une visibilité de long terme de la demande sur tous les marchés stratégiques où il est positionné, Thales a présenté ce jeudi matin des perspectives de croissance ambitieuses, de 5-7 % de son chiffre d’affaires par an en moyenne d’ici 2028.
Patrice Caine, président-directeur général de Thales (crédits Thales)
Patrice Caine, président-directeur général de Thales (crédits Thales)

L’ambition est clairement affichée. "En 2028, Thales sera un groupe qui aura un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros, aura investi 5 milliards d’euros en R & D, sera un employeur toujours attractif, avec des solutions encore plus premiumisées", a annoncé, ce jeudi matin, Patrice Caine, président-directeur général de Thales, à l’occasion du Capital market day du groupe.

Une projection qu’il faut comprendre en se retournant sur les cinq dernières années. "Nous avons connu entre 2019 et 2023 une période marquée par des événements extérieurs qui n’ont pas rendu la vie économique facile, comme la crise sanitaire, la pénurie des composants alors que certaines chaînes d’approvisionnement sont encore perturbées, sans parler de la géopolitique qui restera, dans les années à venir, une donnée complexe", a-t-il rappelé. Une période que le groupe a traversée avec résilience grâce à ses métiers (qui vont changer de dénomination pour s’appeler désormais Défense, Aérospatial, Cyber & Digital). "Pendant toutes ces années, nous avons bâti un ‘global tech leader’", s’est félicité Patrice Caine.

 

Les bons et les mauvais côtés du cyber, comme autant de sources d’opportunités

 

De fait, en cinq ans, le groupe a opéré un sérieux pivotement stratégique. L’activité Transports, à faible marge, est sortie de son giron à la faveur de la constitution d’un pôle Cyber & Digital devenu plus puissant et positionné sur les marchés en croissance. "Cela a commencé en 2019 avec l’acquisition de Gemalto (475 millions d’euros) dont la marge d’Ebit a atteint 14 % en 2023, soit 550 points de base de plus. Une acquisition qui a eu bien d’autres vertus comme la création d’offres nouvelles grâce à des savoir-faire combinés à ceux de Thales dans l’avionique, la défense, la communication militaire hautement sécurisée et qui ont donné lieu à des contrats avec Google (Trusted Cloud), la Direction générale de l’Armement, ou encore Adani (Fly to gate solution pour fluidifier les passages et les contrôles dans les aéroports) ", a-t-il cité.

Certes, Thales n’a pas découvert la cybersécurité avec Gemalto, mais il était jusqu’alors un acteur de taille modeste. "Nous avons voulu être visionnaires en accélérant en matière de cyber produits qui ont beaucoup de R & D, de propriété intellectuelle, et sont donc potentiellement générateurs de forte marge", a expliqué le président-directeur général, précisant que le groupe a joué la carte de la premiumisation avec l’acquisition de la plateforme Vormetric (en 2016 pour 82 millions d’euros) dans les data services, OneWelcome (en 2022) venue compléter l’offre de data sécurité et de gestion des identités, et enfin l’entreprise de logiciels Imperva (acquise en 2023 pour 468 millions d’euros) dans le but de se renforcer dans la sécurité des données et des applications. Si bien que le pôle Cyber & Digital est aujourd’hui numéro un en Europe pour une taille de 2 milliards d’euros (des revenus multipliés par quatre depuis 2016).

Et cette croissance ne devrait pas faiblir, la société ne cessant de se digitaliser toujours davantage (titres d’identité numériques, moyens de paiements, etc.) tandis que les risques cyber sont une source d’opportunités de croissance pour Thales.

 

Machine à cash

 

Un portefeuille de plus en plus Tech qui se traduit directement dans les performances financières de l’entreprise. Le carnet de commandes est passé de 32,3 milliards d’euros en 2019 à 45,3 milliards d’euros à fin 2023 avec un ratio book-to-bill supérieur à 1 chaque année et représentant quatre années de chiffre d’affaires (sans prise en compte des carnets de commandes des clients).

La marge d’Ebit a gagné 100 points de base sur la période pour atteindre 11,6 % (dont 14 % pour le pôle Cyber & Digital – son pôle désormais le plus rentable-, contre 4,4 % pour les transports à l’époque), et ce malgré l’impact de la crise sanitaire. Enfin, le cash-flow a lui aussi fortement augmenté (+ 150 %) s’affichant désormais à 2 milliards d’euros avec un ratio de conversion du résultat net de 135 % entre 2019 et 2023. "Le groupe est devenu une véritable machine à générer du cash et son besoin en fonds de roulement est de plus en plus négatif à -5,1 milliards d’euros à fin 2023, contre -3,2 milliards d’euros fin 2018 du fait notamment du paiement par anticipation de nos clients ", s’est félicité Pascal Bouchiat, senior vice president finances de Thales, rappelant également que 3 milliards d’euros avaient été retournés aux actionnaires, soit sous forme de dividendes, soit de rachats d’actions, sur la période.

Pour 2028, Thales vise, entre autres, une croissance de 5 à 7 % en moyenne par an (par rapport à un chiffre d’affaires fin 2023 à 19,1 milliards d’euros et dont 6-7 % pour le Cyber & Digital, à l’instar du pôle Défense) et une marge d’Ebit à 13-14 %. "Thales poursuivra sa stratégie active d’allocation du capital pour maximiser la valeur actionnariale, en maintenant un taux de distribution du dividende d’environ 40 %, tout en renforçant le portefeuille du groupe avec des acquisitions ciblées", a ajouté le directeur financier du groupe.

 

De la visibilité sur 10 ans

 

Pour y parvenir, Thales mise à moyen terme sur plusieurs axes stratégiques. D’abord en tirant profit de son portefeuille de solutions : "Thales est positionné sur des marchés intrinsèquement attractifs avec des mega-tendances de long terme. Dans la Défense par exemple, le cycle haussier des dépenses de défense des pays, estimé sur les 10 ans à venir, nous donne beaucoup de visibilité pour investir, développer nos produits et donc en termes de génération de chiffre d’affaires", a illustré le président-directeur général. D’autant que Thales a toujours su se montrer résilient, avec une présence dans tous les secteurs, à savoir naval (plateforme européenne qui lui a permis de limiter l’impact du contrat avorté des sous-marins australiens puisque Thales UK a pris le relais), terre, air, cyber et espace, mais aussi dans toutes les géographies, et ce de manière équilibrée. "Il faut ajouter aussi la multitude de petits contrats, de moins de 10 millions d’euros qui ont représenté 45 % des commandes entre 2019 et 2023", a poursuivi Patrice Caine.

Même visibilité sur 10 ans pour le pôle Aérospatial portée par la hausse du trafic aérien (hors évènement exceptionnel type Covid). Certes, dans le spatial, le secteur des satellites est aujourd’hui perturbé (la rentabilité de l’activité a chuté de 8 à 1 % entre 2018 et 2023), mais il ne représente qu’un tiers des activités du pôle (les contrats avec les institutions se développant bien) tandis que les besoins des agences spatiales internationales sont très importants dans les années qui viennent, a indiqué Patrice Caine. "La priorité sera de redresser les marges, c’est-à-dire de se réadapter à la taille du marché", a-t-il ajouté, jugeant le programme européen IRIS², s’il devait voir le jour, comme une belle opportunité. "L’objectif n’est pas de faire un autre Starship mais une constellation multi-orbites, une première dans le monde", a fait remarquer le patron de Thales.

 

Anticiper les ruptures technologiques

 

Thales compte aussi poursuivre sa stratégie de premiumisation de ses produits. "Il ne s’agit pas de devenir une entreprise du secteur du luxe mais nous souhaitons compléter la qualité de nos produits par le design, l’expérience utilisateurs, les services supports, etc, afin de les rendre au final encore plus désirables", a-t-il expliqué.

L’entreprise travaillera également au maintien de son avance technologique. "Thales a atteint une taille suffisante pour ne pas passer à côté de la prochaine révolution technologique. Nous devons anticiper la Tech de demain, comme l’Open source hardware, la 6G, le quantique, etc. Si le groupe est un créateur de technologie, il est aussi un intégrateur, ce qui est un atout", a-t-il souligné. C’est d’ailleurs dans cette optique que 5 milliards d’euros d’investissements dans la recherche et le développement sont prévus d’ici 2028.

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