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Indicateurs macros / ETI / Conjoncture économique / Capex / Trésorerie

Indicateurs macros
ETI / Conjoncture économique / Capex / Trésorerie

La situation financière des ETI se dégrade encore / La fin de l’année 2024 ne s’annonce pas bonne

La nomination d’un nouveau gouvernement n’aura pas suffi à relever le moral des ETI au troisième trimestre. Les craintes de l’issue des débats parlementaires sur le budget sont venues s’ajouter au ralentissement économique mondial et aux tensions géopolitiques, rencontrés depuis deux ans. Si bien que si la situation financière des ETI n’annonce rien de bon pour la fin de l’année, les projets d’investissement sont en berne.
Usine (Photo by CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)
Usine (Photo by CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

Les indicateurs ne sont pas bons. La situation économique et financière des ETI se dégrade, selon le nouveau baromètre Palatine-Meti. Près d’une ETI sur deux fait désormais état d’un repli sur un an (contre une sur quatre en juin dernier) et anticipe une diminution de son chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année 2024. Même constat d’un point de vue sectoriel : plus de deux sur trois estiment maintenant que celle-ci s’est dégradée par rapport à octobre 2023. Par ailleurs, plus de six sur dix ont subi une dégradation de leur rentabilité sur la période (contre 44 % en juin).

 

Deux années de galère

 

Une dynamique franchement baissière que les perspectives ne sembleraient pas pouvoir améliorer : plus de 58 % des ETI sont inquiètes pour la fin de l’année et près des trois-quarts anticipent même des difficultés pour le premier trimestre 2025. "Les craintes que nous formulions à l’issue du précédent baromètre se sont hélas concrétisées : l’activité des ETI est sévèrement ébranlée à l’issue du troisième trimestre de l’année et les principaux indicateurs dessinent des perspectives particulièrement préoccupantes pour la fin 2024 comme pour le début 2025. Cette dégradation s’explique principalement sous l’effet cumulé d’éléments conjoncturels défavorables (ralentissement économique mondial, tensions géopolitiques, incertitudes politiques et budgétaires en France)", analyse Frédéric Coirier, président-directeur général du groupe Poujoulat et co-président du Meti.

Il faut dire aussi que depuis décembre 2022, et le début de la pression inflationniste, la part des ETI dont le chiffre d’affaires a diminué sur un an a bondi de 166 %, tandis que la part de celles dont la rentabilité s’est dégradée sur un an a augmenté de 137 % depuis septembre l’année dernière.

Cependant, si quatre ETI sur dix voient leur trésorerie baisser, le recours aux lignes de crédit court terme reste stable, comme leur endettement et les capacités de remboursement. En revanche, les difficultés sur le respect des covenants bancaires s’accroissent et concernent désormais près d’une ETI sur trois (contre 22,6 % en juin). Même constat pour les ratios financiers, qui entravent l’accès au financement de près d’une ETI sur deux.

 

Les projets d’investissements en berne

 

Dans ce contexte, et alors que les ambitions d’investissements avaient déjà été freinées par la dissolution de l’Assemblée nationale et l’attente de l’annonce d’un nouveau gouvernement cet été, moins des deux tiers ont initié ou pensent initier au moins un projet de croissance organique en 2024, et moins d’une sur deux s’agissant des projets de croissance externe.

Sur les deux ans le repli est d’autant plus net puisque les volumes d’investissements ont diminué de 83 %, selon les données de Trendeo. "Il est à redouter que la teneur des débats actuels (sur le projet de budget 2025, ndlr), si elle devait présager des arbitrages budgétaires finaux, ne fasse qu’aggraver, et durablement la situation des ETI, et donc leur capacité à investir, à créer des emplois, à se transformer et à gagner des parts de marché ", prévient Frédéric Coirier.

 

Une catégorie ETI bientôt reconnue au niveau européen ?

 

Une bonne nouvelle néanmoins : la création d’une catégorie "small et mid-caps", demande de longue date du Meti, qui figurerait enfin à l’agenda de la nouvelle Commission européenne, inscrite dans la lettre de mission du futur vice-président exécutif désigné, chargé de la Stratégie industrielle et de la Prospérité, Stéphane Séjourné, s’inspirant des rapports d’Enrico Letta et de Mario Draghi, tous deux soulignant la nécessité d’une meilleure connaissance et reconnaissance des mid-caps, notamment du point de vue de la complexité normative.

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