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Macro-économie / Taux / Fed / stabilité financière / Etats-Unis / dette publique

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Etats-Unis : l’inflation et le resserrement monétaire n'apparaissent plus comme les grandes craintes des marchés / La trajectoire de la dette publique de l’Oncle Sam en pole position

Interrogeant chaque semestre les professionnels des marchés sur leurs plus grandes peurs concernant la stabilité financière, la Réserve fédérale américaine indique que la soutenabilité de la dette publique états-unienne est devenue leur première inquiétude.
SPENCER PLATT - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - Getty Images via AFP
SPENCER PLATT - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - Getty Images via AFP

Il n’y a pas qu’en France que l’état des finances publiques interroge. Dans ses travaux semestriels sur la stabilité financière, la Réserve fédérale américaine (Fed) rapporte que la trajectoire de la dette publique des Etats-Unis est devenue la plus forte peur des marchés. Dans le détail, comme chaque semestre 24 acteurs des marchés financiers (courtiers, fonds d'investissement, sociétés de recherche et de conseil, universitaires) furent interrogés par la Fed de New York sur les plus grands risques pouvant affecter la stabilité financière.

"Le risque de pressions inflationnistes persistantes et les implications d'une politique monétaire restrictive, qui avait été le risque le plus souvent cité dans cinq des six enquêtes précédentes a été moins souvent mentionné cette fois-ci", rapporte la Banque centrale américaine. Près de 60% des sondés considèrent que la soutenabilité de la dette publique des Etats-Unis est la plus grande menace pesant sur la stabilité financière au cours des douze à dix-huit prochains mois.

Cela semble donner du crédit à la thèse selon laquelle la remontée des taux d’intérêt américains à dix ans observée depuis la fin de l’été n’est pas seulement le fruit d’une révision, liée à une croissance économique robuste, des anticipations des marchés obligataires concernant le rythme du cycle de baisse des taux de la Fed mais aussi d’une hausse de la prime de risque associée à ces titres (surplus de rendement exigé par les investisseurs pour compenser ce qui serait une plus grande probabilité de défaut).

Ils ont grimpé de plus de 60 points de base depuis mi-septembre, s’affichant aujourd’hui à 4,40%. "Le gouvernement fédéral américain est sur une trajectoire budgétaire insoutenable. Cela signifie simplement que la dette augmente plus vite que l'économie. C'est donc insoutenable. Je ne pense pas que ce soit sujet à controverse", avait averti, en février, Jerome Powell, président de la Fed.

La dette publique des Etats-Unis, hors dette intragouvernementale, s’établit à 95% du Produit intérieur brut (PIB). Le ratio a bondi de 60 points par rapport au niveau qui était le sien avant la crise financière mondiale et de 17 points comparativement à son étiage pré-pandémique. Interrogés entre août et octobre, c’est-à-dire avant que ne soit connu le sort de l’élection présidentielle américaine, les professionnels de marché devaient notamment avoir en tête les retombées potentielles que pourrait générer le programme économique de Donald Trump. 

D’après le Comité pour un budget fédéral responsable (CRFB), un groupe de réflexion non partisan, les mesures que souhaite mettre en place le président élu Donald Trump pourraient accroître la dette publique dans une fourchette comprise entre 1650 milliards de dollars et 15 550 milliards de dollars (scénario central à 7 750 milliards de dollars) d'ici à 2035. Pour mémoire, le PIB nominal représente 29 350 milliards de dollars.

En conséquence, la dette publique s’établirait entre 129% et 161% du PIB en 2035 (scénario central à 143%), d’après le CRFB. A noter qu’à politique inchangée, la dette publique états-unienne atteindrait 125% dans onze ans, selon le think tank.

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