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Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / taux d'intérêt

Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / taux d'intérêt

BCE : François Villeroy de Galhau voit les feux au vert pour une nouvelle baisse de taux en décembre / Son ampleur reste à déterminer

Alors que le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) tiendra sa réunion de politique monétaire dans deux semaines, le patron de la Banque de France a indiqué que les conditions étaient réunies pour un nouvel ajustement baissier des taux d’intérêt directeurs. Accélérer le mouvement ou non fait débat à Francfort.
Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - GABRIEL BOUYS / AFP
Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - GABRIEL BOUYS / AFP

François Villeroy de Galhau tient le pouce levé pour une nouvelle diminution des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). “À ce jour, toutes les raisons sont réunies en faveur d’une réduction des taux le 12 décembre”, a déclaré le gouverneur de la Banque de France, à l’occasion d’un discours tenu devant l’Euro 50 Group, think tank présidé et fondé par Edmond Alphandéry, ancien ministre de l’Economie, qui fête ses 25 ans.

En réponse à la désinflation de la zone euro (pic à 10,6 % en glissement annuel en octobre 2022 contre 2,3 % en novembre 2024), le taux d’intérêt de la facilité de dépôt de la BCE, son principal taux directeur, a été abaissé de 75 points de base cette année. Pour mémoire, il se situait à – 0,50 % au début de l’été 2022 et a été porté progressivement à 4 % en septembre 2023, niveau auquel il est resté jusqu’en juin 2024. Depuis lors, à chaque fois qu’il a décidé de baisser les taux directeurs (trois réunions sur quatre), le Conseil des gouverneurs a choisi de procéder par incrément de 25 points de base.

Alors que la croissance européenne envoie des signaux inquiétants, ainsi qu’en témoigne entre autres la dernière enquête auprès des directeurs d’achats (PMI), ce qui pourrait contrevenir à l’objectif de stabilité des prix à moyen terme, faut-il songer à accélérer le mouvement en vue d’atteindre le taux d’intérêt neutre (variable inobservable qui représente le taux directeur qui n’a ni effet accommodant, ni effet restrictif sur l’activité) ? “L’optionalité devrait rester ouverte en ce qui concerne l’ampleur de la réduction, en fonction des données disponibles, des projections économiques et de notre évaluation du risque”, a fait valoir François Villeroy de Galhau.

La question fait débat chez les grands argentiers du Vieux continent. Pour Mario Centeno, gouverneur de la Banque du Portugal, la possibilité de diminuer les taux de 50 points de base devrait être débattue en décembre. Interrogée par Bloomberg en début de semaine, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a indiqué “ne jamais rien exclure”, mais préférer “nettement une approche progressive”, mettant notamment en avant une inflation encore élevée dans les services (3,9 % en glissement annuel).

L’un des autres arguments de l’Allemande a trait au niveau du taux neutre. Selon elle, il pourrait se situer entre 2 % et 3 % en termes nominaux, quand François Villeroy de Galhau, s’appuyant sur "la plupart" des estimations de la BCE et de la Banque de France, évoque un intervalle compris entre 2 % et 2,5 %. "Nous disposons encore d’une marge de manœuvre importante pour mettre fin à l’orientation restrictive de notre politique monétaire", a en conséquence déclaré le Français. Le patron de la Banque du Portugal parle, lui, d’un taux neutre à 2 % ou légèrement moins.

"Bien entendu, personne ne sait où se trouve le taux neutre", a concédé Isabel Schnabel. Toutefois, "lorsque j’examine les données, il me semble que l’impact restrictif du resserrement passé de notre politique monétaire s’estompe visiblement. […] Nous constatons dans notre dernière enquête sur la distribution du crédit bancaire dans la zone euro, que la quasi-totalité des banques déclarent que la demande de prêts n’est plus affectée par le niveau général des taux d’intérêt. C’est très différent d’il y a un an, lorsque près de la moitié des banques de la zone euro indiquaient que les taux d’intérêt pesaient sur la demande de prêts", a-t-elle pointé, ajoutant que "le marché du logement, qui a tendance à être le plus sensible aux taux d’intérêt, semble avoir atteint son point le plus bas. Nous avons également constaté une augmentation de la demande de prêts hypothécaires".

"Cela me fait dire que nous ne sommes peut-être pas si loin du taux neutre", a-t-elle souligné.

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